Il y a 19 ans, était assassiné Tahar Djaout

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Le village d’Oulkhou dans la localité n’a pas oublié son enfant prodige Tahar Djaout, dix-neuf après son assassinat par un terroriste islamiste, en organisant avant-hier un hommage sur initiative de la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou.

Des amis et des proches du défunt ont tenu à rendre un vibrant hommage à celui qui a marqué de sa plume toute une génération que ce soit en tant qu’écrivain, poète ou journaliste avec un recueillement et le dépôt d’une gerbe de fleurs sur la tombe du disparu.

Tahar Djaout, auteur de plusieurs romans dont l’Exproprié L’invention du désert, Les Chercheurs d’os et Les Vigiles, est né le 11 janvier 1954 à Oulkhou, près d’Azeffoun dont il fréquente l’école jusqu’en 1964. Sa famille s’installe ensuite à Alger. En 1970 sa nouvelle «Les insoumis» reçoit une mention au Concours littéraire «Zone des tempêtes». Il achève ses études l’année suivante au lycée Okba d’Alger et obtient en 1974 une licence de mathématiques à l’Université d’Alger.

Tahar Djaout écrit ses premières critiques pour le quotidien El Moudjahid, collabore régulièrement en 1976 et 1977 au supplément El Moudjahid Culturel puis, libéré en 1979 de ses obligations militaires, reprend ses chroniques dans El Moudjahid. Responsable de 1980 à 1984 de la rubrique culturelle de l’hebdomadaire Algérie-Actualités, il y publie de nombreux articles sur les peintres et sculpteurs (Baya, Mohammed Khadda, Denis Martinez, Hamid Tibouchi, Mohamed Demagh) comme sur les écrivains algériens de langue française, dont les noms et les œuvres se trouvent alors occultés par le régime, notamment Jean Amrouche, Mouloud Feraoun, Mouloud Mammeri, Mohammed Dib, Jean Sénac, Bachir Hadj Ali, Hamid Tibouchi, Messaour Boulanouar, Youcef Sebti, Kamel Bencheikh, Abdelhamid Laghouati, Malek Alloula, Nabile Farès…

En 1985, Tahar Djaout reçoit une bourse pour poursuivre à Paris des études en Sciences de l’information. De retour à Alger en 1987, il reprend sa collaboration avec « Algérie-Actualités qu’il quitte en 1992, pour fonder avec quelques-uns de ses anciens compagnons,

notamment Arezki Metref et Abdelkrim Djaad, son propre hebdomadaire «Ruptures», dont le premier numéro paraît le 16 janvier 1993. Victime d’un attentat terroriste par balles, le 26 mai 1993 à Baïnem, à quelques kilomètres d’Alger, alors que le n°20 de son hebdomadaire venait de paraître et qu’il finalisait le n°22, le journaliste, tombé dans un profond coma, succombe à ses blessures le 2 juin et est enterré le 4 juin dans son village natal d’Oulkhou. Dix-neuf ans après la mort de Tahar Djaout, un film documentaire intitulé «Un poète peut-il mourir ?», que lui a consacré le réalisateur Abderezak Larbi Chérif, sera bientôt diffusé par la télévision algérienne. «Le produit vient d’être accepté par la commission de visionnage de la télévision algérienne, dans ses deux versions originales : en tamazight, avec un sous-titrage en français, et en version arabe qui vient d’être réalisée», a indiqué la semaine dernière le réalisateur à l’APS. Pour ce dernier, «tout concourt à dire que le film sera diffusé prochainement par la télévision algérienne. Cela permettra de mieux faire connaître l’universaliste qu’était feu Tahar Djaout et de rendre hommage à son œuvre éternelle», a ajouté le réalisateur, à l’issue de la diffusion en avant-première de son film en langue française.

A. C.

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