Les transporteurs privés assurant les lignes urbaines dans la ville de Béjaïa semblent avoir réussi à imposer l’augmentation du prix du ticket de bus qu’ils ont initiée unilatéralement, ignorant le mouvement de grogne qu’elle a suscité au sein de la population locale et les centaines de plaintes, pour pratique de prix illicite, déposées auprès de la direction des transports par les citoyens.
En effet, les usagers du transport urbain payent, depuis quatre jours, 5 dinars de plus sur le prix légal du ticket de bus, sans qu’aucune sanction ne soit enjointe, pour le moment, aux transporteurs concernés. Ces derniers ont agi en parfaits stratèges, choisissant la période des examens de fin d’année pour imposer leur diktat. Les citoyens semblent avoir cédé à la pression que ces transporteurs véreux ont exercée après avoir observé deux jours de grève. Ce n’est pas la première fois qu’on assiste à un scénario pareil. A chaque fois, les transporteurs, voulant gonfler coûte que coûte leurs recettes, fixent eux-mêmes le prix du ticket qui les arrange et procèdent à des débrayages pour faire pression sur les citoyens, lesquels finissent par se soumettre. Après cela ils obtiennent l’aval de la direction des transports pour cette augmentation. On se demande si ce scénario ne va pas se répéter, encore une fois, car c’est exactement au même processus qu’on est en train d’assister. Hier, un citoyen affirme avoir été pris à partie, dans une altercation qui a opposé des usagers à un représentant des transporteurs. Il déclare que ce dernier a interpellé un receveur de bus qui continuait à pratiquer l’ancien prix, pour le contraindre, presque de force, à se rallier à l’équipe qui plaide pour les 15 dinars. Ce représentant, a-t-on indiqué sillonnerait toute la ville de Béjaïa à la recherche des transporteurs récalcitrants, non intéressés par l’augmentation, en vue de les sensibiliser et de donner plus d’ampleur à leur mouvement. Entre temps, la direction des transports croule sous les plaintes des citoyens, pour lesquels cette augmentation est d’un grand préjudice. Pour espérer voir l’ancien prix maintenu, les citoyens devraient se plier à la procédure réglementaire qu’est le dépôt de plainte, accompagnée du numéro d’immatriculation du bus concerné au niveau de la direction des transport, nous informe un cadre rencontré sur les lieux. De l’avis de ce dernier, « l’implication des citoyens dans ces cas est essentiel ». Même le premier responsable du secteur dans la wilaya, contacté par nos soins au premier jour de l’augmentation, s’est exprimé dans ce sens en disant que « c’est à la population de se charger de ramener à la raison ces transporteurs ». On se demande par quels moyens cela serait possible ? La réponse est simple et déjà vérifiable sur le terrain. Coupure de routes, pour bloquer le passage aux transporteurs, caillassage des bus et empoignades avec les receveurs qui réclament les « 5 dinars de la discorde ».
M. H. Khodja

