Lassés d’attendre une réponse favorable à leurs revendications, les laborantins ont décidé de passer à la vitesse supérieure. Ils ont décidé d’attaquer le ministère de l’éducation nationale en justice. « Après épuisement de tous les moyens légaux pour faire valoir nos revendications, nous avons décidé de porter l’affaire en justice », a affirmé Mme Bouguetouf Hayet, coordinatrice nationale des agents techniques de laboratoires, qui s’exprimait hier lors d’une conférence de presse tenue au niveau du siège national du SNTE, à Alger. Pas moins de 7 000 laborantins dénoncent vigoureusement : « La marginalisation et l’indifférence de la tutelle, vis-à-vis de notre réclamation de réintégrer le corps de l’éducation ». Les laborantins déplorent leur classification dans le statut particulier de l’éducation. «Nous avons été dégradés de la 11/3 à la 7», a fulminé la coordinatrice des agents techniques de laboratoires. Cette dernière s’est demandé :
« Pourquoi les instituteurs du primaire qui ont le même niveau que les agents techniques de laboratoires (ATL) qui ont fait la même formation qu’eux sont classés à la catégorie 10 alors que les ATL sont classés à la 7 ? C’est inadmissible ! ». Elle ajouta : « nous avons obtenu le diplôme d’adjoint technique de laboratoires (ATL), cependant, la formation que nous avons reçue dans les instituts technologiques de l’éducation devrait nous permettre de jouir d’un statut au sein du secteur de l’enseignement et d’y être classés ». « De nouveaux postes ont été créés dans le nouveau statut particulier, ils permettront l’intégration de l’agent technique de laboratoires dans le secteur de l’éducation, en tant qu’attaché de laboratoire à la catégorie 8 et attaché principal de laboratoire à la catégorie 10, mais rien n’a changé puisque nous sommes toujours classés dans la catégorie 7 », a-t-elle encore déploré. « Nous demandons que le ministère de tutelle reconnaisse notre diplôme. C’est une grave erreur de nous affecter aux corps communs, alors que nos diplômes sont d’ordre pédagogique », a-t-elle ajouté. Les laborantins de l’éducation nationale réclament, à cet effet, l’application de l’article 315-08 du nouveau statut de l’éducation nationale. Un texte qui les fait sortir des corps communs pour les intégrer dans l’éducation nationale, avec ce que cela induit comme augmentation de salaire, primes et autres droits. Ces derniers revendiquent également leur classification dans la catégorie 10. Les laborantins dénoncent « leur marginalisation par la tutelle », « Une marginalisation d’autant plus manifeste que des textes nous accordant le droit à l’intégration existent depuis 2008, mais ne sont pas mis en pratique », a-t-elle regretté.
L. O. Challal
