D’ici trois ans, les berges du tristement célèbre Oued El Harrach se transformeront en lieux de villégiature, où il sera possible de faire du vélo, se promener en amoureux et surtout se baigner.
Entre collines artificielles, jardins filtrants, éco parcs et ponts piétonniers, le lieu sera l’attraction des amoureux de la nature après avoir été la tache noire de la capitale. Confié au groupement algéro-coréen Cosider-Daewoo-Construction, le projet de dépollution et l’aménagement de ses abords a été officiellement lancé la semaine dernière et son achèvement est prévu pour fin 2015 pour un coût de 38 milliards de dinars. La cérémonie de lancement des travaux s’est déroulée sur l’embouchure de l’oued au niveau de la commune de Mohammadia, en présence, notamment, du ministre des Ressources en eau, du ministre par intérim des Transports, Abdelmalek Sellal, et du wali d’Alger, Mohamed El Kebir Addou. L’Oued d’El-Harrach a une longueur totale de 67 km dont près de 19 km dans la capitale, le reste de son parcours s’étend sur les wilayas de Blida et de Médéa. Destiné à traiter les eaux de l’oued sur près de 18,2 km à travers, entre autres, le renforcement des capacités d’épuration des eaux usées et l’aménagement d’aires de loisirs sur les deux rives du cours d’eau pollué depuis plusieurs décennies par les rejets domestiques et ceux des unités industrielles, le défi des autorités de transformer l’Oued El Harrach en pôle d’attraction et lieu de divertissement, sera tenu, si l’on se réfère aux déclarations du wali d’Alger, Mohamed – Kebir Addou. Selon le directeur des ressources en eau de la wilaya, Amirouche Smain : « Les problématiques de la pollution et des inondations récurrentes générées par cet oued ont longtemps donné à réfléchir sur les solutions. Il est question de trois sortes de pollution,à savoir, la pollution urbaine provenant de 26 communes traversées par l’oued, la pollution industrielle émanant de quatre grandes zones industrielles, notamment Oued-Smar occupant 740 ha et totalisant 473 unités et la pollution d’origine agricole ».
Dépollution et réaménagement
La fin de la dépollution est prévue donc pour décembre 2015. L’oued El-Harrach sera dépollué et réaménagé sur une distance de 18,2 km. Les travaux comprennent le re-calibrage de l’oued, la réalisation de jardins filtrants, la mise en place de systèmes de contrôle et de surveillance de la qualité de l’eau, un système de prévision des crues, la réalisation de ponts et passerelles ainsi que des stations de pompage d’une capacité globale de 90 000 m3. Le projet prévoit également de grands espaces verts, des aires de jeux, des pistes cyclables et de jogging, des terrains de sport et des piscines en plein air. Ce projet constituera l’espace principal de la baie d’Alger et sera entouré de plusieurs autres grandes structures, toujours en projet, telles que la Grande Mosquée d’Alger, le Musée d’Afrique et la Gare centrale. Doté d’une enveloppe total de 202 milliards de dinars, le Plan de développement d’Alger entend donner, d’ici 2029, un coup d’accélérateur à la modernisation de la ville et redorer ainsi son image. Dans les phases suivantes (après 2015), un port en eaux profondes doit être développé entre autres projets. Au delà de sa dépollution, la réhabilitation de l’oued El Harrach portera également sur la mise en place d’espaces de loisir et de baignade, a-t-il précisé ajoutant que les mauvaises odeurs provenant de ce cours d’eau “ne seraient bientôt plus qu’un mauvais souvenir”.
La Grande Mosquée d’Alger, le Musée d’Afrique et la Gare centrale aux abords de l’Oued
De son côté M. Addou a souligné que la réhabilitation de ce cours d’eau représente “la colonne vertébrale du projet de réhabilitation de la baie d’Alger”. Le projet de sa réhabilitation porte, en particulier, sur la réalisation de trois jardins filtrants, la mise en place de systèmes de contrôle et surveillance de la qualité de l’eau, ainsi que de prévision et d’alerte des crues, la construction de ponts et passerelles et la réalisation de stations de pompage d’une capacité de 90.000 mètres cubes par jour. Il consiste également en la plantation d’arbres de diverses tailles et de pelouse en gazon, la réalisation de six aires de jeux pour les enfants, l’aménagement de pistes cyclables et pistes pour jogging, la réalisation d’une quinzaine de terrains de sports et deux piscines en plein air. Les principaux objectifs attendus de cette importante opération portent, quant à eux, sur la transformation de l’oued en un nouveau centre de gravité de la baie d’Alger autour duquel seront implantés plusieurs projets structurants comme la Grande Mosquée d’Alger, le Musée d’Afrique et la Gare centrale. Dans sa globalité le projet de dépollution de l’oued El Harrach s’inscrit dans le plan d’aménagement de la baie d’Alger, “partie intégrante” de la stratégie de réhabilitation de la ville d’Alger, qui s’étend jusqu’en 2029. Les alentours de Oued El Harrach seront métamorphosés. Aux abords et tout autour de Oued El Harrach, de nouvelles infrastructures verront le jour à l’horizon 2015. En plus de la dépollution de l’oued, plusieurs infrastructures d’utilité publique seront érigées et modifieront complètement le paysage actuel.
La zone de oued El Harrach s’érigera en un pôle d’attraction ouvert à un large public. A l’horizon 2015, des infrastructures sportives, des piscines, des espaces de détente, des aires de jeux seront réceptionnés et mis à la disposition des citoyens.
Oued El Harrach, centre de gravité de la capitale ? Une réalité dès 2015
«La zone de Oued El Harrach sera le futur centre de gravité de la capitale. Autour de cet oued, plusieurs infrastructures seront réalisées. Citons, entre autres, la Grande Mosquée, le Musée de l’Afrique, la Cité des sports du Caroubier, la gare ferroviaire à côté de l’hôpital Zemirli et le stade de Baraki. Comme infrastructures, il y aura 6 stades en gazon, 6 terrains de basket-ball, 4 de handball, une piscine, des aires de jeux, une marina en bois, des pistes cyclables et des pistes de jogging. Il y aura aussi 10 passerelles et des ponts pour piétons, aménagés pour des personnes à mobilité réduite. Il y a cette volonté politique rompue à régler la problématique de l’eau et de l’assainissement. Il y a également cette tendance d’aller vers l’amélioration des conditions de vie et du cadre de vie des citoyens. Au début, la priorité était accordée à l’eau potable. Aujourd’hui, elle est desservie H/24 à Alger.
Nous passerons à l’amélioration de l’environnement, et le projet de l’aménagement de oued El Harrach n’est qu’un commencement», a conclu le représentant du secteur de l’hydraulique.
Ferhat Zafane

