La signalisation routière oubliée

Depuis les événements du Printemps noir, la quasi-totalité des panneaux de signalisation routière de la localité de Tibouamouchine que traverse une route nationale à grande circulation sur un parcours d’environ un kilomètre ont été saccagés. Pourtant, le commun des mortels ne peut nier l’utilité de ces panneaux qui signalent aux automobilistes les dangers de cet axe très fréquenté par les piétons, écoliers en particulier. Ceci étant, et en dépit du nombre d’accidents survenus auparavant sur ce tronçon qualifié de très dangereux où plusieurs piétons ont été touchés, parmi eux des écoliers percutés de plein fouet par des chauffards l’un des écoliers a perdu l’usage d’une jambe et un autre éjecté en contrebas de la route s’en est sorti avec plusieurs fractures assorties d’une incapacité de quelques mois. Les panneaux de signalisation routière, indiquant la présence d’une grande agglomération, de deux établissements scolaires, de plusieurs organismes étatiques et des colonies d’enfants et de piétons qui se forment quotidiennement sur les accotements ravinés par les eaux de pluie, à certains endroits et très rétrécis dans d’autres, n’ont pas été encore restaurés. Ainsi, ce sont des milliers d’enfants fréquentant quotidiennement cet axe routier de Thighilt El Miz à Seddouk Oufella qui risquent leurs vies en se rendant aux écoles de la localité auxquels s’ajoutent des centaines de piétons fréquentant chaque jour les différents établissements publics, le siège de la mairie, le bureau de poste, le centre de soins, un cabinet médical privé qui sont exposés au danger. A voir certains chauffeurs au volant en ébriété ou par fantaisie appuyant à fond sur l’accélérateur, lançant ainsi leurs voitures à une vitesse vertigineuse, tels des bolides de Formule 1 soulevant des nuages de poussière au niveau de cette grande agglomération dont le trafic routier est très dense et où la chaussée et les trottoirs se confondent sur une partie de cette route carrossable qui de surcroît est dans un piteux état, il y a de quoi avoir le tournis et ne plus permettre à ses enfants de franchir le seuil de la porte, même pour aller à l’école, de par les risques qu’ils encourent. Devant cet état de fait, plusieurs pères de famille ne décolèrent pas, à l’image de Rachid, un parent d’élèves qui lance un appel aux autorités locales pour parer en urgence à une négligence qui peut être fatale à tout moment. « Les autorités doivent remédier dans les plus brefs délais possibles à une telle négligence dans la prévention routière qui met en danger nos enfants avant qu’une hécatombe ne survienne », lance-t-il. En plus de l’impérieuse nécessité de restaurer l’ensemble des panneaux de signalisation routière qui ont fait l’objet de destruction et pour endiguer sur cet axe l’excès de vitesse des conducteurs, avant que l’irréparable ne se produise, les services concernés doivent dresser comme il se doit des dos d’âne à la place de ceux, érigés anarchiquement par des citoyens avec de la terre ou du béton, dont la plupart ne répondent pas aux normes. Aujourd’hui, seuls deux panneaux de signalisation situés à l’entrée de l’école primaire de Cheikh Belhaddad de Seddouk Ouadda en venant de Béni Maouche ont échappé à la furie des mains des enfants et résisté aux forces de la nature et à l’effet du temps. Même usés, ils rendent encore de grands services en épargnant des vies humaines.

L. B.