Ce sont près de 12 kg de kif traité qui ont été saisis par la police, rien qu’au premier semestre 2012.
La quantité dépasse toute celle récupérée durant l’année 2011. C’est ce qui a été indiqué par une voix avisée des services de sécurité en marge de la cérémonie de célébration de la journée mondiale de lutte contre la toxicomanie, qui coïncide avec le 26 juin de chaque année. La sûreté de wilaya de Tizi-Ouzou, comme à l’accoutumée, a organisé hier, au niveau de son siège, une journée portes ouvertes sur ce fléau qui, malheureusement, ne cesse de prendre de l’ampleur dans notre société. La société kabyle, notamment, dans la wilaya de Tizi-Ouzou, ne fait nullement exception, puisqu’en un seul semestre, à savoir le premier de l’année 2012, les différentes brigades de police à travers le territoire de la wilaya, ont procédé à la saisie d’une quantité importante de drogue, soit près de 12 kg de kif traité dont « 8kg qui ont été récupérés uniquement à Draâ Ben Khedda, et ce au début du mois en cours », et plus de3 autres kg depuis saisi jusqu’au mois de mai écoulé selon un officier. Alors que durant l’année 2011 toute entière, il a été procédé à la saisie de 10, 324 kg. C’est dire que le phénomène a pris de l’ampleur, même si les actions des forces de l’ordre ont été intensifiées dans le cadre de leur lutte contre ce fléau. Pourquoi donc ce fléau est-il en progression malgré tous les efforts des éléments de police ? Qu’en sera-t-il pour le reste de l’année ? Toutes ces questions méritent d’être posées. A souligner que, selon le même bilan rendu public par la sûreté de wilaya dans le cadre de la journée d’information organisée hier, le kif traité représente le stupéfiant le plus consommé et commercialisé chez nous, malgré la présence de différents autres, dont les psychotropes. Ce sont en effet quelques 174 comprimés qui ont été récupérés par les éléments de police, lors de leurs différentes investigations et actions menées durant le premier semestre 2012, contre 501 comprimés récupérés durant l’année passée. 69 personnes ont aussi été interpellées, durant le premier semestre 2012, 53 d’entres elles ont été placées sous mandat de dépôt, quant au 14 autres, elles ont bénéficié de citation directe. Un nombre en recul par rapport à celui de l’an dernier, où 248 personnes ont été interpellées. Concernant l’âge des personnes impliquées dans les différentes affaires relatives au trafic de stupéfiants, la tranche des 18 – 28 ans occupe la première place, soit 41 personnes qui ont été interpellées durant le premier semestre 2012, contre 126 personnes en 2011. En revanche, la tranche d’âge variant entre 29 et 40 ans est représentée par 24 personnes au premier semestre 2012 et 96 personnes en 2011. Tandis que trois (03) personnes seulement arrêtées appartiennent à la troisième catégorie, à savoir celle des plus de 40 ans, alors qu’elles étaient 22 en 2011. Les moins de 18 ans quant à eux, ne figurent pas dans le dernier bilan de la sûreté de wilaya concernant le premier semestre 2012, mais en 2011, cinq mineurs ont été appréhendés par la police à Tizi-Ouzou, dans le cadre de leur lutte contre la drogue. Les jeunes représentent donc la catégorie la plus impliquée et la plus touchée par le fléau de la drogue. S’agissant du facteur féminin, il est à souligner qu’il n’est pas présent dans le bilan, puisque aucune femme n’a fait objet d’interpellation par la police, selon un officier de la sûreté de wilaya. Cependant la réalité du terrain n’exclut pas le fait qu’elles soient concernées par la consommation, le phénomène chez elles serait juste moins dévoilé. Un bilan donc inquiétant, puisqu’il concerne un phénomène destructeur d’individus, de familles et de sociétés. Il incite à la conjugaison des efforts pour sensibiliser tout le monde aux dangers de la drogue.
Rachida Selmani

