Semmache, une localité relevant de la commune d’El-Adjiba, regroupe le gros de la population du Aârch Ath Aissi laquelle est répartie en plusieurs agglomérations périphériques autour du village.
Ce qui accroche le regard de prime abord en ces lieux est le bâti moitié moderne et moitié traditionnel dont la majorité des maisons centenaires offrent pour la plupart un état de dégradation assez accentué. Notre visite guidée dans cette localité commence à partir d’Ath Oumalou qui est le plus important centre habité de Semmache avec ses 2000 habitants. Une agglomération qui accuse des insuffisances assez marquées en matière de moyens de développement, à commencer par l’aménagement urbain avec toutes les allées et voies d’accès en terre battue non revêtues. Ensuite, c’est l’éclairage public même si l’ouvrage a été réalisé la chute de tension du courant électrique le rend presque inutile. Nous apprenons sur un autre volet qu’environ 100 foyers ne sont pas encore raccordés au réseau d’assainissement et continuent à utiliser des fosses septiques dont la plupart sont anciennes et en partie détériorées. Citons enfin une autre contrainte des plus majeures et qui touche l’ensemble des bourgades de Semmache, il s’agit de la crise aigue d’eau potable à Ath Oumalou. Le réseau principal étant réalisé et réceptionné depuis longtemps, malheureusement la distribution et branchements individuels n’ont pas suivi. Les citoyens continuent à s’approvisionner à l’aide de citernes tractées à raison de 7000 DA la citerne de 15000 litres qu’ils payent de leurs poches. La cité Thamra Ouffella accuse à peu près les mêmes contraintes tel que la dégradation du réseau routier, en témoigne cette piste à moitié aménagée. Au niveau de cette bourgade, le problème d’AEP se pose autrement. Dotée d’un réservoir d’eau ancien et vétuste, les citoyens évoquent un arrière goût de son eau qu’ils évitent de boire étant convaincus qu’elle est polluée et impropre à la consommation. Sur notre passage, nous tombons sur une unité de soins baptisée au nom du Chahid Madani Mohamed, qui évolue dans un environnement des plus…sauvages, incompatible avec une infrastructure entourée d’arbres touffus non entretenus de hautes herbes non moins sauvages. Des tas d’immondices jetées à même le sol en absence d’un bac à ordures, des déchets ménagers s’amoncellent devant l’entrée et accueillent les malades. Une opération de nettoyage pour lui donner un visage…plus civilisé s’impose avec acuité. Cela en parallèle à la nécessité d’un renforcement en effectif du paramédical, réduit à un seul infirmier d’autant plus que cette unité est dotée d’un cabinet dentaire et un autre pour les consultations en médecine générale. La salle d’attente, elle, n’a bénéficié d’aucun équipement d’accueil des malades tels que les indispensables bancs. Au niveau du quartier Thaghzouth, c’est le même constat qui est fait. Une partie des habitations ne sont raccordées ni au réseau AEP ni à celui de l’assainissement. Les mêmes contraintes de chutes de tension sont également enregistrées dans cette cité au point où aucun équipement électroménager ne fonctionne, selon les résidents. Un employé de l’ADE en retraite brandit deux jerricans vides pour signifier la crise d’eau qui y sévit. L’une des bourgades légèrement en retrait est complètement isolée : Thaggouni. Exception faite de la voie d’accès récemment goudronnée, elle n’a ni électricité ni eau, ni encore moins l’assainissement. Situation qui a contraint la plupart des résidents à déserter les lieux. Un résident révolté a posé un obus de 105 mm non éclaté avec une inscription au dessus «village martyr», un geste o combien symbolique qui rappelle le sacrifice des habitants de la localité pendant la révolution. Nous arrivons à notre dernière halte, El Fidh Ouqerdhal, l’une des importantes agglomérations de Semmache traversée par le CW 08 récemment revêtue en bitume. Sur les lieux, nos accompagnateurs attirent notre intention sur le tracé du réseau principal d’assainissement dont une partie des habitations sont situées du coté supérieur par rapport à l’ouvrage auquel elles ne peuvent être branchées. Réalisé en 2010 sur environs 600 mètres, le réseau n’est pas mené à terme, donc inopérant. Notons par ailleurs que l’école primaire Abbout Mohand Akli, réalisée au lieu dit Thiqesra, au pied d’une haute colline, reçoit les ruissellements de pluies à partir de rigoles naturelles. N’étant pas protégée, cet établissement enregistre de fréquentes inondations, selon les membres du comité du village. Un dernier manque dont se plaignent les jeunes est l’absence de lieux de loisir et distractions pour les centaines de ces jeunes qui n’ont nulle part où aller… notamment durant la saison estivale et ses longues journées. Ath Aissi a soif à proximité d’un…barrage, celui de Tilesdit situé à quelques encablures dans la commune voisine de Bechloul. Un cas sur lequel doivent se pencher les pouvoirs publics en priorité ne serait-ce que pour mener à terme les travaux sur le réseau en cours de réalisation avant l’arrivée du ramadhan, en obligeant l’entreprise qui y intervient à renforcer ses moyens humains et matériels.
Oulaid Soualah

