La fête continue à Aït Hichem

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Prévue pour le lundi, l’ouverture officielle de la 3e édition du festival du tapis d’Ait Hichem n’a pu avoir lieu finalement que le mardi, en présence du wali Abdelkader Bouazghi, le P/APW, le chef daïra de Ain El Hammam, les P/APC de la daïra, le directeur de la culture, des responsables locaux ainsi que des invités. Le premier magistrat de la wilaya a visité les ateliers, pour apprécier les différents tapis exposés dans les classes. A l’intérieur de l’atelier appelé ‘’Cécilia’’, spécialisé dans le tissage et créé en 1994, le wali a exprimé sa satisfaction et son admiration pour le travail réalisé par les doigts magiques des femmes, tout en insistant sur la nécessité de promouvoir et de préserver ce patrimoine ancestral. Ensuite, il a visité un autre atelier, un peu particulier, puisque ce sont deux vieilles tisseuses qui y travaillent encore, malgré leurs âges avancés. Le wali les a félicitées pour leur énergie et leur amour du travail bien fait. Questionnée par le wali sur le lieu, les prix et la durée de réalisation de ses magnifiques tapis, une exposante dira : « J’ai un local où 16 filles apprennent le tissage. Concernant la durée de réalisation, elle varie suivant la dimension et les motifs de chaque tapis, elle peut s’étaler d’un mois à deux. Pour ce qui est du prix, il peut aller de 10 000 à 20 000 Da ». Le wali a proposé l’aménagement de grand locaux dans l’avenir, destinés à toutes ces tisseuses afin qu’elles puissent exercer leur activité dans de meilleures conditions. La plupart des tisseuses ont tenu à aborder le problème de la rareté et de la cherté de la matière première, ce à quoi le commissaire du festival a répondu, en promettant que la matière première allait être, dorénavant, disponible au niveau de la maison du tapis sise au village. La délégation a, par la suite, visité tous les autres ateliers avant de quitter le village d’Ait Hichem à destination d’Abi Youcef et d’Iferhounene. Pour en revenir à l’édition de cette année, elle a été placée sous le slogan : « Hommage aux martyrs de la révolution », puisqu’elle coïncide avec le 50e anniversaire de l’indépendance. Pour rappel, l’école d’Ait Hichem est la plus ancienne école de toute la Kabylie. Elle fut construite en 1892 et a, de génération en génération, enseigné l’art et les secrets du tissage. Elle fut fermée en 1956, pendant toute la durée de la révolution glorieuse, ce qui a suspendu le métier du tissage jusqu’en 1963, l’année où l’école put rouvrir ses portes, grâce a l’intervention salutaire de deux personnalité historiques, Hocine Ait Ahmed et le colonel Mohand Oulhadj : « C’est Ait Ahmed et le colonel Oulhadj qui ont versé 2 000 anciens francs français à la moudjahida Ait Issad Ghenima, pour qu’elle relance les activités de l’école », a déclaré le commissaire du festival. Notons que 8 ateliers de tissage et 150 artisans venus de différentes régions du pays, telles, Maatkas, Ath Yenni, Gardaia, Ouargla et Tamanrasset, ont pris part à cette manifestation. Dans les salles des deux écoles (Primaire et CEM), qui servent de stands, on peut trouver des tapis de diverses dimensions et de toutes les couleurs, accrochés aux murs ou étendus sur les tables dans un magnifique décor : « Nous avons plusieurs motifs de décoration tels : les losanges, les triangles, et les médaillons, chacun occupant une place importante dans la confection du tapis », nous explique une exposante. Chaque stand a sa spécificité et son thème. Les couleurs utilisées à l’origine étaient, d’après ces femmes tisseuses, des couleurs naturelles, sélectionnées des différentes laines de moutons, telles : le beige foncé le roux, le noir et le blanc écru, ce qui accentuait la variété des tapis. Il est utile de rappeler que, chaque soir, un gala artistique est organisé comme ce fut le cas pour la nuit de lundi, où le chanteur Zedek Mouloud a fait vibrer les présents avec ses chansons diverses et variées.

Slimane Ben Addi

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