Blotti au pied des deux crêtes en forme de cornes de bœuf, Meloua a tout pour être un endroit enchanteur, non seulement pour ses habitants, mais également pour ses visiteurs. Ce n’est pas encore le cas, pour le moment du moins, au grand dam des villageois qui veulent bien se faire rappeler à la mémoire des responsables locaux, quant à leur condition d’existence en attente de prise en charge, relative à l’assainissement, le gaz de ville, le transport, l’état de la route et la santé. Le village se situe au sud du chef-lieu de la commune de Bechloul, également chef- lieu de daïra, à une vingtaine de kilomètres à l’est de Bouira, sur le grand axe routier n° 5 reliant la capitale à l’est du pays. En effet, les habitants, dans leur majorité issus du village de montagne d’illiten dans la commune de Saharidj sont toujours, faute d’un réseau d’assainissement, à l’ère des fosses septiques, qui font peser un risque certain sur leurs puits, source de leur alimentation en eau potable et d’irrigation de leurs jardins, dont la contamination est d’autant plus imminente que cette situation dure depuis une vingtaine d’années, avons-nous appris auprès de l’un deux. Autre projet attendu mais qui tarde à se concrétiser, celui du gaz de ville, promis pour 2012 mais sans jamais donner signe d’exécution sur le terrain. Par ailleurs, sur le plan de la couverture sanitaire, c’est tout un calvaire, car «pour une simple injection ou consultation, notamment des enfants ou des femmes, pas moyen autre que celui de s’adresser au centre de santé de Bechloul, encore faudrait-il disposer d’un moyen de transport», nous dit le même interlocuteur, qui se désole que leur demande pour une salle de soins reste toujours lettre morte chez les bureaucrates.
Mohand Meghellet

