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Ambiguïté sur les indemnisations

Les derniers incendies qui ont ravagé des dizaines d’hectares de champs à Seddouk Ouadda, ont permis de mettre sur le tapis un problème, et non des moindres, il s’agit de celui relatif aux assurances des champs contre ce genre de tragédies qui sinistrent la région.

Il y a environs 10 jours, un incendie a ravagé des milliers d’hectares, en majorité des champs d’oliviers, au village Seddouk Ouadda. L’heure est à présent au bilan pour chacun des propriétaires ayant subi des dommages. Zoubir, père de famille, a l’air déprimé et dépité après avoir perdu tous ses arbres fruitiers, notamment des oliviers qu’il entretenait avec soin. Il est révolté de voir les services concernés insensibles à cette tragédie, ne daignant même pas se déplacer pour constater le drame qui a frappé des centaines d’agriculteurs qui se retrouvent, du jour au lendemain, avec des champs dévastés. « Je n’arrive pas à comprendre cette attitude des services concernés. Ils n’ont rien trouvé de mieux à nous répondre que de dire, que c’était l’assurance qui répondrait, du moins pour ceux qui ont assuré leurs champs. Cela revient à dire que, moi qui n’ai pas assuré mes champs, je ne devrais espérer aucune indemnisation. J’ai tout perdu. Deux champs que j’entretenais soigneusement ont été dévastés par l’incendie. A qui se plaindre si l’état ne répond pas ?», a déclaré notre interlocuteur d’un air résigné. Abdelkader, l’un des notables du village, a commencé les démarches, mais il a été stoppé par un responsable, au niveau de la subdivision de l’agriculture, qui lui a répondu sèchement qu’aucun texte de loi n’est prévu pour une telle calamité naturelle. « Si l’APC de Seddouk s’est engagée à nous remplacer le câble électrique alimentant en courant électrique le forage d’Ighzer Netsragoua, la subdivision de l’agriculture de la daïra de Seddouk, par le biais d’un responsable, nous a fermé toutes les portes en nous informant que nous n’ouvrions pas droit à des indemnisations. Nous ne comprenons pas cette politique de deux poids deux mesures. Une catastrophe similaire a eu lieu en 2008 à Beni Maouche, où un incendie avait ravagé des champs entiers et tous les villages touchés ont bénéficié d’un PPDRI. Nous demandons juste que nous aussi en bénéficions. Mais ce qui est déplorable, c’est qu’aucun responsable n’est venu constater l’ampleur des dégâts et nous rassurer. Nous n’allons pas baisser les bras, puisque nous nous préparons à créer un comité qui va faire les démarches pour arracher nos droits », a souligné ce notable. En attendant, les sinistrés de Seddouk Ouadda sont livrés à eux même : « Nous sommes à deux mois des élections municipales, ces élus qui aujourd’hui se fichent complètement de notre misérable sort, reviendront, assurément, lors de la campagne électorale pour nous promettre monts et merveilles », dira Rachid. Il n’est jamais trop tard pour bien faire. Les citoyens touchés par l’incendie ravageur ne demandent pourtant pas la lune, ils réclament quelques plants pour remplacer les oliviers calcinés. Qui va se charger du recensement des dégâts si ce n’est pas la subdivision de l’agriculture de la daïra de Seddouk ? Telle est la question qui taraude ces malheureux agriculteurs.

L.Beddar

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