Pas moins de 17 150 familles nécessiteuses sont recensées dans la wilaya de Tizi-Ouzou, c’est ce qui ressort du dernier recensement effectué par la direction de l’action sociale (DAS) locale à l’occasion du mois de carême.
L’opération de solidarité du Ramadhan, menée chaque année par les services de la DAS notamment, a permis de faire ressortir que la pauvreté est encore de mise à Tizi-Ouzou. Plus de 17 000 familles démunies sont, en effet, recensées à travers la wilaya. Il ne s’agit en fait que des ménages inscrits par les agents de la DAS. On ne peut certifier que ces derniers aient ratissé les moindres recoins de la wilaya. Par conséquent, d’autres familles nécessiteuses souffriraient dans l’ombre. La wilaya de Tizi-Ouzou compte des poches entières de pauvreté signalées ici et là notamment à Ait Yahia Moussa, Béni Douala, Azzefoun, Maâtkas, Tizi Gheniff pour ne citer que ces localités. Beaucoup de familles vivent au dessous du seuil de pauvreté puisqu’elles n’ont même pas de quoi remplir leurs couffins, à l’occasion de ce mois de Ramadhan. La plupart de ces familles n’ont aucune rentrée d’argent et les pères sont chômeurs. Le chômage est justement la source des malheurs de ces foyers. Il n y a qu’à voir le nombre des cafés et autres lieux publics, toujours archi combles d’hommes en pleine force de l’âge mais désoeuvrés, pour comprendre que le phénomène fait des ravages à Tizi-Ouzou. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard, si les fléaux sociaux se sont multipliés et si le nombre des suicides augmente chaque année. Tous les spécialistes affirment que le chômage est une des principales causes du passage à cet acte de désespoir. C’est dire que le mal est beaucoup trop profond pour être soigné avec des colis alimentaires aussi importants soient-ils. La solution serait plutôt de réduire efficacement le chômage, à défaut de l’éradiquer. Et pour ce faire, un traitement spécial s’impose. Mais en attendant et si ça peut soulager ces familles démunies, notons que pas moins de 6 500 couffins seront distribués durant ce mois de carême, même si ce nombre s’avérera clairement insuffisant, puisqu’il est en deçà du nombre des familles nécessiteuses. Signalons que ces couffins contiennent des produits de base, tels la semoule, l’huile, le sucre, le café et autres. Par ailleurs, des restaurants dits ‘’rahma’’ ont ouvert leurs portes dans différentes localités de la wilaya à l’occasion de ce mois sacré. Un mois durement ressenti par la classe moyenne également, du fait que, les prix des produits de première nécessité et des fruits et légumes connaissent une montée vertigineuse, comme chaque année. En somme, les années passent et se ressemblent, puisqu’à l’arrivée du Ramadhan, les mêmes réflexes refont surface. A la veille du Ramadhan de l’année passée et celle d’avant, une carte sociale a été établie mais aucun suivi n’a été effectivement fait. Autrement dit, ces familles jugées nécessiteuses, ne sont à l’ordre du jour qu’à l’occasion du mois de carême.
M.O.B

