La ville suffoque

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Il est presque impossible de sortir du centre- ville sans passer au moins une demi-heure sous un soleil de plomb. Dès les premières heures de la journée, des embouteillages monstres se forment à cause des dizaines de camions de gros tonnage qui y transitent.

En ces premiers jours de Ramadhan, on assiste à des disputes verbales allant parfois jusqu’aux mains. Tout le monde est au bout des nerfs. Si certains trouvent le moyen d’échapper à cet engrenage en passant par les déviations, d’autres n’ont pas le choix que de suivre la route principale. Même au niveau de ces petites ruelles, c’est le même topo. Effectivement, la ville ne peut plus contenir le flux de véhicules qui a été multiplié par dix ces dernières années. L’espoir de voir l’évitement déjà lancé depuis la visite du wali est grandissant. “La ville ne pourra respirer qu’avec la réalisation rapide de cette déviation qui servira de passage aux semi remorques et autres véhicules lourds», nous a répondu un initiateur de ce projet. Pour les habitants du centre-ville, c’est un calvaire en permanence. “On ne ferme presque plus l’œil. La nuit, ce sont les veilleurs. Et à partir de l’aube, c’est toute une flotte de camions avec tout ce qu’elle engendre comme bruits et vrombissements de moteurs qui viennent harceler nos esprits. Nous sommes au bout de la déprime. C’est impossible d’ouvrir une fenêtre. On n’arrive même pas à regarder la télévision. Il faut mettre le son à fond, mais on n’entend rien», se lamente cet habitant de la rue Mitiche. Il faut dire que tout le monde en souffre .Cependant, le lancement de plusieurs opérations d’aménagement urbain (trottoirs, murs de soutènement…) y est pour beaucoup. Il suffit d’emprunter la route qui mène vers la nouvelle mosquée Errahma ou encore vers l’EPLF, pour vous en dire long sur ce qu’endurent les passants. Des tourbillons de poussière soulevés par le passage des véhicules aveuglent tout le monde. “C’est incroyable. Depuis quand cette route est-elle décapée, mais il n’y a point de bitume parce que parfois on met la charrue avant les bœufs. Il ne fallait pas niveler la chaussée avant l’implantation des trottoirs et le passage de certaines conduites. On craint que d’ici le début de l’hiver, rien ne sera encore terminé», nous a dit ce fidèle qui venait juste de sortir de la mosquée. Ceux qui sont encore plus gênés par ces travaux interminables sont les habitants des deux cents logements. “Tout est plein de poussière. Même nos assiettes ne sont pas épargnées», nous a ajouté cet autre citoyen. Certes toutes ces actions d’aménagement engagées ici et là ne seront que bénéfiques, mais leurs conséquences immédiates sont très néfastes. Toutes les personnes que nous avons fait parler à ce sujet souhaitent que les responsables concernés arrosent cette route à l’aide de camions citernes. A quand une ville propre et bien aménagée?, se demande-t-on.

Amar Ouramdane

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