Bouira La ville étouffe à cause des embouteillages – L’urgence d’un nouveau plan de circulation

Il faut de la patience et avoir du temps à perdre pour s’aventurer dans la ville de Bouira à bord d’un véhicule. En effet, pour une simple course d’un bout de la ville vers l’autre, il faut, en moyenne, pas moins d’une demi-heure pour faire les 5 kilomètres du trajet.

Ce laps de temps est multiplié par deux, en ce mois de Ramadhan, alors que généralement, en pareille saison, les Bouiris, en vacances au bord de la grande bleue, désertent la ville. Cette année, la circulation est particulièrement ardue au niveau de certains endroits névralgiques, comme l’ancienne gare routière, à proximité du marché des fruits et légumes. Aux abords de ce rond point, des agents de police se relayent à longueur de journée. Pourtant, franchir ce rond point est devenu la hantise de tous les automobilistes. La cause ? Le stationnement anarchique de part et d’autres de la chaussée par des automobilistes sans vergogne qui garent leurs véhicules d’une manière pour le moins peu conventionnelle. Ajouté à cela, le parking du marché qui créée un embouteillage monstre avec des voitures sortants en marche arrière, car ne trouvant pas de place ou stationner. Cela dit, les « gardiens de parking » surgissent de nulle part, non pas au moment de stationner, mais au moment où l’automobiliste s’apprête à quitter son emplacement. Et là encore, ce racket qui ne dit pas son nom, se fait à quelques mètres des policiers en faction. Souvent, l’automobiliste, désemparé ou par peur de représailles s’acquitte de la somme exigée en grommelant. Il faut dire que ces gardiens de parkings savent dissuader toute réclamation avec leur gourdin. Un des policiers interrogés à ce sujet dira que personne ne s’est plaint d’un quelconque racket aux abords de ce marché. Pourtant, ces policiers sont visibles et il est aisé de leur demander de l’aide, mais jusqu’à présent, et faute de réclamation ou de plainte, les jeunes racketteurs sévissent en toute impunité. Il faut dire que la circulation automobile aux abords de ce rond point est difficile non pas seulement par le stationnement anarchique, mais aussi à cause des taxis clandestins qui s’accaparent une bonne centaine de mètre tout le long de ce boulevard. Là aussi, il est peu probable que les autorités n’aient pas eu vent de cette pratique illicite du transport. Toutefois, c’est malheureusement dans cette ambiance anarchique que les policiers doivent effectuer leur travail et essayer de rendre la circulation plus fluide. Un rôle des plus compliqués d’autant plus que les derniers attentats perpétrés au cœur de la ville sont encore dans les esprit de tous, et que dans cette situation anarchique, il est extrêmement difficile pour les forces de l’ordre d’accomplir leur mission. La mise en place d’un plan de circulation adéquat serait à même d’aérer la ville en plus d’assurer la sécurité des riverains. Chose non négligeable.

Hafidh B.