Le FFS annonce la couleur

Le doyen des partis d’opposition en Algérie, vient de procéder à une véritable démonstration de force à l’occasion de « l’assemblée générale » tenue le vendredi 21 octobre 2005 à l’espace culturel Mouloud Mammeri en vue d’installer le directoire de campagne et de présenter la liste des candidats FFS aux « élections partielles » du 24 novembre prochain. Il est 20 heures. La pleine lune ramadhanesque répand sa petite lumière sur les sept collines, les ruelles sont devenues des ruisseaux argentés qui convergent vers l’espace culturel Mouloud Mammeri, qui est particulièrement animé. Ils sont venus de Taourirt Khlef, des Aït Lahcène, des Aït Larbâa, de Taourirt Mimoun, de Taourirt El Hadjadj, de « la Cité », d’Agouni Ahmed, de Tigzirt et de Tansaout, la « grande salle » est pleine comme un œuf. « Lorsque le sage chinois montre la lune, l’imbécile regarde le doigt », c’est par ce proverbe que le Dr Adib Fayçal, militant du FFS, annonce le début des travaux. Il renchérit en posant la question : « Comment se fait-il que ceux qui se targuaient d’avoir brûlés les urnes pacifiquement, lors des élections locales de 2002, se présentent, aujourd’hui aux élections partielles ? Continuant sur sa lancée, il fait mine d’exclamer « les partisans du pas de politique »… sont actuellement sur des listes « politiques » et à lui de marteler : « Les masques sont tombés, ceux qui sont responsables de la mort de 125 Algériennes et Algériens veulent s’accaparer le pouvoir local afin de caporaliser la société », s’ensuit un tonnerre d’applaudissements d’une assistance emballée.

Les candidats reçus comme des hérosLa présentation de la liste des candidats FFS aux élections partielles s’est déroulée sous une pluie d’applaudissements. A l’annonce du nom de M. Tabèche Nacer, maire sortant et tête de liste FFS, l’assistance s’est levée comme un seul homme et lui a réservé un accueil triomphal. Il s’avance d’un pas décidé et visiblement ému, il se tient en face des siens et déclare : « Je tiens à rendre un hommage appuyé à tous les élus du FFS qui se sont succédés à l’APC depuis 1997, aux militants et aux sympathisants ainsi qu’aux citoyennes et aux citoyens d’Ath Yanni qui continuent de faire preuve de maturité et de clairvoyance en ces moments difficiles où le pouvoir tente par tous les moyens de réduire à néant l’alternative politique à la crise que vit l’Algérie ». Il continue : « Nous avons toujours travaillé dans l’intérêt de la population et nous continuerons à le faire ». Sa voix monte en puissance au fur et à mesure qu’il parle, l’assistance suit en silence et soudain, il lance : « Votez pour les malheureux d’Ath Yanni qui vivent dans des conditions indescriptibles, votez pour les jeunes qui ont droit à une vie digne, votez pour faire barrage aux prédateurs de tout bord, votez pour réhabiliter le politique ». Les présents ne pouvant rester insensibles à une telle sollicitation répondent par des applaudissements torrentiels. Quant à M. Hebbib Mohamed, deuxième sur la liste FFS, originaire d’Aït Lahcène, professeur en sciences physiques et fils de D’A Medjber, militant du FFS ayant pris part à l’insurrection de 1963, déclare sans ambages et d’une voix émue : « C’est un honneur pour moi d’être candidat du FFS ». Réaction immédiate des présents qui l’arrosent d’acclamations. De son côté, Abriche Med Chérif, 3e, directeur d’école primaire et ancien syndicaliste du SATEF, exhorte les militants et les sympathisants à renforcer les rangs et les candidats à privilégier la sincérité, l’esprit d’équipe et le langage direct et sincère. Car, renchérit-il, « la gestion participative implique la participation des citoyens à la gestion des affaires de la cité. Ceci nécessite de travailler avec les partenaires sociaux », conclut-il sous les applaudissement chaleureux de l’assistance. Lui succédant, M. Ladrem Salah, un technicien en agriculture, lance : « Si nous sommes ici, c’est par amour de l’Algérie », se défèrle alors, un vent de nationalisme sur la salle amenant M. Neddaf Omar, 5e avocat et originaire d’Aït Lahcène à assurer « aux prochaines élections, nous aurons sept sièges sur sept ». L’annonce du nom de Mme Smadhi Hakima née Khelifati, ingénieur en génie civil, employée à l’APC, renvoie l’assistance aux débuts du mouvement nationaliste algérien. Ainsi, l’ombre de M. Khelifati Mohamed Amokrane, « le porte étendard de la langue berbère » tel que décrit par M. Aït Ahmed, président du FFS dans son livre « Mémoire d’un combattant » plane dans la salle et rappelle aux présents que le processus révolutionnaire ne s’achèvera que lorsque le peuple algérien bénéficiera pleinement de son droit à l’autodétermination. A l’annonce du nom de M. Masdoua Hacène, 7e, originaire de la « cité », l’assistance se lève dans la dignité pour observer une minute de silence à la mémoire de son père, Ali et de tout « les martyrs de la démocratie ». Par la suite, le fils en digne héritier du père, déclare avec fierté : « Nous allons montrer à nos adversaires que le FFS recèle des hommes et des femmes qui le maintiendront toujours debout ». Lui emboîtant le pas, Arezki Belhemri, militant du FFS de la première heure, parlant au nom des 45 combattants et des 7 martyrs FFS que compte la région, adopte cette citation de feu Ali Mecili, assassiné le 7 avril 1987 : « Mieux vaut vivre pauvre dans l’honneur et la dignité que de vivre opulent dans la servitude ». L’impact de ces paroles sur l’assistance est indescriptible. Invités a prendre la parole, les « anciens » élus à l’instar de MM. Kroubi Kaci, ex-maire, Degheb Boussaâd, ex-1er vice-président de l’APC et actuellement candidat à l’APW, Ourrad Yahia et Boughareb Makhlouf, ne manquent pas de montrer leur disponibilité à aider l’actuelle équipe du FFS à mener à bout la mission qui lui est confiée sous une pluie d’ovations. Au regard du nombre important de militants et sympathisants qui se sont inscrits sur la liste des membres du directoire de campagne du FFS (une quarantaine environ), il est aisé de constater que le Front des Forces Socialistes reste la force politique majeure, malgré la présence de deux autres formations politiques, en l’occurrence le FLN et le RND, dont les listes sont respectivement menées par MM. Deghoul Madjid et Koumad Abdelkrim.

Khaled Zahem