Ighil Ouchekrid, c’est ce petit village de quelque 3 000 habitants, situé dans la commune d’Aghbalou, à la limite de la frontalière avec les wilayas de Béjaïa et Tizi Ouzou. Ce patelin ne dispose d’aucune infrastructure de l’Etat. Marginalisés et isolés, les villageois ne savent plus à quel saint se vouer. Il n’y a ni poste, ni dispensaire, ni aucune infrastructure pour les jeunes qui constituent le pilier de leur village mais qui sont livrés au chômage et autres maux sociaux. Heureusement que de nombreux villageois ont compris depuis longtemps qu’ils ne pouvaient compter sur l’Etat. Alors, ils s’en accommodent en investissant dans la réalisation et la vente de matériel de construction et en embauchant une main d’œuvre locale. Même cette activité est peu supportable à long terme… Pourtant, ce sont ces jeunes désœuvrés que l’Etat doit aider et prendre en charge dans les différents programmes dont ceux concernant les zones rurales. Par ailleurs, les villageois reçoivent toujours leur courrier au niveau de la poste du village voisin, Ivahlal, distant de 3 km. D’ailleurs, c’est le facteur de cette poste qui se déplace dans ce village afin de déposer le courrier chez des épiciers, sauf pour les mandats. Récemment, lors du référendum du 29 septembre, les électeurs de ce village ont été orientés vers le bureau de vote du village Ivahlal, chose que plusieurs villageois ont contestée. A cet effet, de nombreux électeurs dont des personnes âgées, des malades et des femmes n’ont pas voté, exigeant que leur village soit doté d’un centre de vote comme toutes les autres localités. C’est en effet aberrant de faire déplacer plus de 700 électeurs d’un village à un autre !
R. B.
