Dépourvue des projets les plus rudimentaires – Maâtkas dans la tourmente

La commune de Maâtkas, située à 25 km au sud du chef-lieu de la wilaya de Tizi-Ouzou, n’arrive toujours pas à sortir la tête de l’eau et à juguler le sous développement dans lequel vivent ses habitants, les infrastructures de base et les équipements collectifs y sont quasiment inexistants.

En effet, les 35 000 habitants de la municipalité disséminés entre hameaux et bourgs, n’ont pas bénéficié de projets d’envergure permettant aux citoyens une vie décente. Les jeunes sont livrés à eux-mêmes, si ce n’est au chômage et à l’oisiveté. « Nous vivons dans la précarité depuis des années, le mot développement n’appartient pas à notre vocabulaire. La pauvreté et la misère font partie de la vie des nos concitoyens», nous déclare un citoyen d’Ait Aïssa Ouzeguane. Les responsables locaux ont du mal à décrocher des projets de développement d’envergure, en dehors de petites actions dans le domaine de l’assainissement, de réhabilitation des écoles primaires, de dallages des routes à l’intérieur des villages… Mais il faut tout de même souligner que la municipalité est dépendante des subventions que les pouvoirs publics lui attribuent dans les différents budgets de développement (PCD, PSD). De plus, ces opérations de rafistolage ne touchent en général pas tout le territoire de la localité. Les citoyens, excédés, réclament leur part de développement. La masse juvénile se plaint de l’absence d’infrastructures nécessaires pour son épanouissement. Les quelques structures existantes sont à la limite de la praticabilité à titre illustratif, le club sportif amateur de la commune, l’Olympique de Maâtkas, trouve d’énorme difficultés à s’entraîner. Il est à souligner que la réalisation du stade communal à Bouhamdoun n’est plus à l’ordre du jour et que le terrain qui devait accueillir le projet est affecté pour la réalisation d’une caserne de la protection civile. Le secteur sanitaire est considéré comme le parent pauvre à Maâtkas, l’unité de soins se trouvant au chef-lieu et les quelques salles de soins de la municipalité ne peuvent parer à la demande accrue de la population, souvent les malades préfèrent se déplacer vers la polyclinique de Souk El Tenine dans la même daïra. Pour les cas d’urgence, les malades sont évacués vers le CHU de Tizi-Ouzou ou vers l’EPH de Boghni. Quant aux organismes bancaires, la localité ne dispose que d’un bureau d’Algérie poste, qui est d’ailleurs toujours pris d’assaut. L’opération de raccordement au réseau du gaz de ville ne touche que le chef-lieu et quelques villages périphériques. Pour l’aménagement urbain, et même si le chef-lieu a été bitumé il y a quelques temps déjà il donne, néanmoins, un piètre décor, ses trottoirs sont squattés par les commerçants et une grande anarchie y règne. Enfin, et le plus grave, plusieurs villages sont dépourvus d’eau, d’assainissement, d’électricité … ce sont, entre autres, les préoccupations les plus urgentes des citoyens de la commune de maâtkas.

Gilas A.