par M. O. Benmokhtar :
Timechret, voila bien une tradition ancestrale qui résiste encore à «l’évolution». Ce rituel durant lequel un ou plusieurs bovins sont égorgés dans le village et leur viande distribuée entre les habitants est encore de mise. Celle-ci a été organisée dans plusieurs localités à travers les quatre coins de la Kabylie. si dans certains villages, chaque père de famille est appelé à payer sa part, qui revient bien entendu moins chère que chez le boucher du coin, dans d’autres régions, la viande est servie gratuitement grâce aux dons des bienfaiteurs des villages et des cotisations. Quoi qu’il en soit, l’objectif de timechret, appelée également lewziaâ, est de permettre à l’ensemble des villageois, riches et surtout pauvres d’avoir de la viande sur la table du dîner d’une telle ou telle occasion. Autre bienfait reconnu du rituel, c’est le fait de réunir les habitants du village, même ceux établis ailleurs, en l’espace d’une journée. Cela dit, en ces temps qui coulent où ce n’est pas tout le monde qui peut se permettre de manger de la viande ovine, encore moins bovine en raison de sa cherté c’est surtout la première vertu qui semble plus importante. La viande est devenue, en effet, par la force des choses un luxe pour plus d’un en Kabylie et ailleurs à travers le pays. Mais contrairement à d’autres régions, la Kabylie a cette alternative pour permettre à ses enfants de préparer son couscous à la viande. alheureusement, doit-on dire, ce «plan B», n’est pas généralisé ce qui n’est pas de bon augure. Il est de même d’ailleurs pour les autres us propres à la Kabylie et qui sont d’ailleurs d’un apport social importants, qui se trouvent sérieusement menacés de disparition. Ledjemaâ ou les volontariats à travers les villages ne se tiennent pas à travers l’ensemble des villages aujourd’hui, alors qu’il fut un temps ceux-ci représentaient un mode de gestion des affaires de la cité. ’évolution» commence à avoir raison d’eux, décidemment.
M. O. B.
