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Timechret ressuscitée

Certes, la fête de l’Aïd est caractérisée par l’achat de vêtements neufs, la préparation des gâteaux et par la visite aux proches.

Mais il est d’autres traditions qui résistent au temps. Malgré le changement des meurs, certains villages se distinguent. A Frikat, contrairement aux autres localités de la région, les visites aux cimetières se font la veille de l’Aïd. En dépit d’une chaleur exceptionnelle (plus de 45° C), les familles n’ont pas dérogé à la tradition. Des enfants, des femmes et notamment des personnes âgées accomplissent ce rituel en ce dernier jour du mois de Ramadhan: avoir une pensée pour les morts. Par ailleurs, une quinzaine de jours avant l’Aïd, les comités de Djemaâs ont acheté plusieurs moutons et bœufs qui serviront à Timechret. Et c’est à la veille de l’Aïd qu’eurent lieu les sacrifices. Ces derniers marquent la fin du mois de carême d’une part et rassemblent des habitants du village à l’occasion de cette fête religieuse, d’autre part. « Sacrifier ces bêtes n’est pas une atteinte à notre religion comme le croiraient certains, mais c’est surtout un moment de convivialité où le pauvre côtoie le riche, le jeune se rapproche de l’aîné et où se règlent les petits différends entre familles et entre voisins », nous a confié un membre d’une Djemaâ ait sidi maâmar. Et de poursuivre: « en fait, tout le monde va manger de la même viande ». Pour Timechret, tout le monde n’est pas contraint à contribuer aux frais, ce sont toujours les bienfaiteurs et les plus aisés qui prennent en charge les dépenses couvrant même celles des plus démunis. Et c’est d’ailleurs, cette façon de faire qui est à mettre en valeur. La viande découpée est répartie en parts et c’est toujours la même méthode utilisée depuis la nuit des temps qui est toujours valable: des parts pour six personnes. Cette tradition n’a pas disparu dans tous les villages. « Comme la viande coûte trop cher, en recourant à cette action commune, le pauvre a lui aussi accès à de la viande et peut ainsi faire plaisir à ses enfants », a conclu le président d’un autre comité de village.

Amar Ouramdane

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