La journée de mardi fut encore une fois infernale à Tizi-Gheniff. Plus de deux mille oliviers sont partis en fumée en l’espace d’une demi-journée. En effet, un feu qui a démarré dans un champ en contrebas du village de Tizi-Lekhmis s’est vite propagé dans les oliveraies.
En dépit du cour age des jeunes de la r égion, les flammes attisées par un vent violent n’ont pas été arrêtées. Quand les pompiers dépêchés de Draâ El-Mizan sont arrivés, il ne restait presque plus rien. Du côté d’Ivouladjathène dans la même commune, c’est le même décor. Il n’y avait que des cendres après un autre incendie qui a sévi le jour de l’Aid. C’est dire que les feux de for êt ont causé des r avages et continuent à le faire. C’ est le désarroi le plus total partout en Kabylie. La seule ressource que possèdent les montagnards a été anéantie. « J ‘ai perdu plus de deux cent cinquante oliviers en deux heures de temps », ne cesse de r épéter cet oléiculteur de M’Kira. Et de poursuivre: « ceux qui allument ces incendies sont des cr iminels ». D’Aït Yahia Moussa en passant par Frikat, Ain Zaouia, Draâ El-Mizan jusqu’à Tizi-Gheniff, plus de dix mille oliviers ont été décimés depuis la miaoût. Ni la mobilisation des citoyens ni l’ inter vention des sapeurs pompiers et des agents forestiers n’ont eu le dessus sur l’ inconscience de ces » incendiaires » . Les citoyens se sont résignés, et chaque jour que Dieu fait, ils n’ attendent que d’ autres sinistres et d’autres pertes. « C’est l’été le plus chaud de ces vingt derrière années. Les températures ne baissent plus et du coup les feux de forêt se multiplient à loisir. A quand l’accalmie?», s’interroge cet autre oléiculteur de Sanana à Draâ El-Mizan. Des dizaines de personnes touchées par ces catastrophes n’ont d’autres recours qu’aller réclamer de l’aide auprès des subdivisions agr icoles de Draâ El-Mizan et de Tizi-Gheniff. Ainsi, la récolte oléicole s’annonce déjà des plus catastrophiques. Il faut le dire, les citoyens ont donc raison de réclamer à chaque fois des pistes agricoles. Car, celles-ci sont importantes à plus d’un titre quand ont voit toutes ces oliveraies parties en fumée en quelques heures.
Amar Ouramdane
