Le secret et la source d’inspiration de ses toiles, qu’elle expose dans diverses villes du pays, restent le stock de la mémoire collective, les coutumes de la Kabylie, jalousement préservées par
les femmes
Plongée depuis son jeune âge dans le monde étincelant des couleurs, Samira ou la princesse des arts plastiques, comme aiment à la surnommer ses amis, n’a pas arrêté de surprendre le public artistique et les férus des arts plastiques par son talent avéré projeté sur des toiles à couper le souffle. Son talent s’est manifesté dès son jeune âge, à l’école primaire, s’est elle souvenue. « J’ai commencé à peindre depuis mon jeune âge, à l’école primaire. Mes cahiers me servaient, alors, de toiles à dessins sans que je me rende compte de cette révélation de future artiste plasticienne », indiquera Samira, qui a suivi, par la suite, une formation de styliste en haute couture. Elle raconte sur ses toiles la vie et les histoires des villages de la Kabylie, les joies mais aussi les peines de cette population à l’histoire millénaire. Le secret et la source d’inspiration de ses toiles, qu’elle expose dans diverses villes du pays, reste le stock de la mémoire collective, les coutumes de la Kabylie, jalousement préservées par les femmes, telles que la manière de s’habiller (la robe kabyle multicolores), ainsi que la beauté des villages kabyles parsemés de fontaines. « C’est ce patrimoine d’une grande valeur, imposant le respect et l’admiration, qui constitue pour moi, un paradis, une source inépuisable d’inspiration. Je suis fortement influencée par tous ce qui est ancien, surtout nos beaux villages qui offrent déjà un tableau saisissant, un décor champêtre d’une rare beauté à l’état pure et sauvage, avec tout ce qu’ils referment de secrets, de culture ancestrale, de coutumes et de mémoire collective », a précisé l’enfant d’Akbou, avant d’enchaîner : « en tant que plasticienne qui croit à la différence, je pense que mon style est une contribution modeste sur la scène artistique de notre pays et aussi une présence marquante de la femme algérienne dans ces espaces, à travers son goût des formes et des couleurs. Dans ma propre expérience, la peinture est une révélation spontanée de mes sentiments. En effet, quand les mots ne peuvent aller plus loin, la peinture prend le relais ».
Boualem Slimani