La Dépêche de Kabylie

Mechedellah Les villageois adoptent une charte régissant les fêtes de mariage – Certaines chansons interdites de diffusion

Occupant la tranche centrale de la période estivale, le mois de Ramadhan a, profondément, perturbé la programmation des fêtes de mariages. Le mois de piété n’étant donc pratique que pour les circoncisions, beaucoup de familles se sont rabattues sur la dernière quinzaine précédant la rentrée sociale, pour célébrer l’union de leurs fils et filles. D’ailleurs, depuis mardi dernier, juste après l’Aïd, les cortèges nuptiaux ont réapparu, de plus en plus nombreux. Il y a lieu de souligner que même si les week-ends sont les journées les plus prisées, il n’en demeure pas moins que les autres journées de la semaine enregistrent leur lot de cortèges nuptiaux. Ceci est en fait justifié par l’indisponibilité des salles des fêtes pour tous, pendant les week-ends. C’est l’explication que nous a avancée un futur heureux marié de Draâ El Bordj : « Nous ne nous y sommes pas pris à temps pour réserver la salle. Il ne nous restait plus que la journée du mardi pour célébrer la fête ». Cette contrainte ne concerne pas les fêtes de mariages se déroulant dans les villages de Bouira. Les villageois continuent à fêter leurs mariages à la traditionnelle sur fond de couscous pour tous, même si la culture du DJ a fait son incursion dans les villages kabyles. Et à propos de disc-jockeys et des troupes de tambourinaires, il y a lieu de rappeler que l’an dernier, des sages de plusieurs villages de la région s’étaient concertés, pour l’élaboration d’une charte régissant les fêtes des villages. Une « loi » régissant l’utilisation de la sonorisation est, entre autres, l’une des décisions retenues par les sages de la circonscription de M’chedellah. Il a été donc exigé de respecter les horaires de l’utilisation des amplificateurs à hauts décibels. Ainsi, la sonorisation n’est autorisée qu’entre sept heures du matin et minuit. Sinon, les contrevenants s’exposent à des sanctions de la part des sages qui insistent sur le son qui doit être modéré de façon à ce qu’il ne dépasse pas le périmètre de l’espace de la fête. Par ailleurs, cette même charte recommande également le tri des chansons pour ne pas heurter les coutumes locales, basées sur le respect.

S. O. A.

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