M’Chedallah Ruée sur les sources et les points d’eau – Les jerricanes refont surface

El Aînser N’Aït Ali Outhemime, El Aînser Guidaouen, Thala Larvâa, Thala Rana et Thala N’Vouhrev, pour ne citer que les sources qui jaillissent sur les hauteurs de Saharidj, sont quotidiennement prises d’assaut par une population assoiffée

Le dérèglement de la distribution de l’AEP, la baisse drastique de la quantité livrée dans les foyers de l’ensemble des communes de la daïra mais aussi la qualité nettement supérieure de l’eau de certaines sources sont un ensemble de facteurs qui ont fait rappliquer la population vers les points d’eau, notamment ceux situés en haute montagne qui enregistrent depuis la 2eme semaine du Ramadhan une ruée semblable à celle des années 1970, à la seule différence que pour le transport, les citoyens à l’heure actuelle utilisent des véhicules au lieu des bêtes de somme de jadis. El Aînser N’Aït Ali Outhemime, El Aînser Guidaouen, Thala Larvâa, Thala Rana et Thala N’Vouhrev pour ne citer que les sources qui jaillissent sur les hauteurs de Saharidj sont quotidiennement prises d’assaut par une population assoiffée mais aussi recherchant une eau de qualité très prisée et intégrée dans le régime alimentaire « spécial Ramadhan » au même titre que le reste des boissons commercialisées juteuses, gazeuses ou minérales. Ces sources énumérées qui offrent l’avantage d’être accessibles aux véhicules étant situées en bordures de routes goudronnées grouillent de monde à longueurs de journées notamment durant les après-midi et les dernières heures avant l’Adhan du Maghreb. Des citoyens véhiculés y viennent de partout même des communes éloignées telles que Ahnif, Chorfa, Ath Mansour à côté de ceux de M’chedallah et Saharidj, ces derniers étant plus proches attendent les dernières minutes pour se servir pour permettre à ceux éloignés de rentrer chez eux avant la rupture du jeûne. A partir de 14h, les alentours de ces sources ressemblent à un authentique marché de véhicules et bien entendu, le système de la chaîne s’impose de lui-même le tout dans une ambiance plutôt bon enfant. Jerricanes et bouteilles d’emballage des boissons commercialisées s’entrechoquent et passent à tour de rôle sous le filet d’eau de ces sources aménagées. Ne manquaient au décor que les outres en peau de chèvres et les jarres en poterie de jadis pour voir se rééditer des scènes d’il y a 50ans cela dans la plus riche zone en matière hydrique à l’échelle régionale sinon nationale. Nul besoin d’un quelconque sondage pour arriver à la conclusion que la daïra de M’chedallah vit une véritable crise d’eau et la raison est loin d’être un manque de ressources hydriques. Elle est plutôt à chercher du côté des gestionnaires de ce secteur que se partagent plusieurs secteurs, ajoutée à un incroyable incivisme qui se caractérise par d’innombrables agressions et atteintes aux réseaux de distribution qui doit être revu de fond en comble au même titre que de nombreux ouvrages telles que les conduites principales ou les réservoirs et châteaux d’eau pour la plupart, vétustes. Les pluies d’automne ne tarderont pas à se manifester et faire baisser sensiblement la tension sur l’eau potable. Reste à espérer que les pouvoirs publics mettront à profit la période qui nous sépare de la prochaine saison sèche pour faire le nécessaire et améliorer la distribution de l’AEP dans la daïra de M’chedallah, en activant notamment les travaux de canalisation à partir du barrage Tilesdit dont le projet vient d’être lancé mais aussi en procédant à la réfection des réseaux et ouvrages déjà existants.

Oulaid Soualah