11 444 handicapés

A l’occasion de la journée nationale des handicapés, une exposition regroupant tous les organismes et établissements spécialisés qui activent au profit de cette catégorie de la population s’est tenue hier à la maison de la culture de Bgayet. Les visiteurs, nombreux, après s’être enquis de la situation physique des handicapés et de leurs droits, se sont intéressés à leur production vaste et diversifiée : gâteaux, galettes, sets, napperons finement brodés. A Ighzer Amokrane, l’APC, en collaboration avec l’association Er Rahma, a mis sur pied une journée d’information ponctuée par plusieurs conférences. Selon la définition de l’handicapé, telle qu’énoncée par la DAS, est reconnue comme tel «toute personne désignée médicalement comme limitée dans l’exercice d’une ou plusieurs activités de base de la vie courante, consécutivement à une atteinte de ses fonctions sensorielles, motrices, mentales ou organiques d’origine congénitale ou acquise». Quatre catégories, toujours selon la terminologie officielle, sont retenues : mental, moteur, auditif, visuel. A Bgayet, au 31 décembre 2004, il a été recensé de manière tout à fait officielle 11 444 handicapés dont 6 356 handicapés mentaux et 3 015 moteurs. Le reste étant réparti entre sourds, muets et aveugles. Bgayet, selon ces chiffres fournis par la DAS, se taille la part du lion avec 2 103 cas. Ces chiffres doivent cependant être pris avec des pincettes puisqu’ils ne concernent que les cas portés à la connaissance de l’action sociale. Le poids des tabous et traditions est tel qu’il est plus que patent que beaucoup d’handicapés sont soustraits aux statistiques officielles car non déclarés. La wilaya est dotée de plusieurs établissements spécialisés sous tutelle comme l’Ecole des jeunes sourds à Bgayet, le CMP pour enfants inadaptés d’Akbou, le Foyer pour personnes âgées et/ou handicapées de Bgayet, le Centre de protection de Tichy… D’autres structures spécialisées sont gérées par des associations à caractère social comme le Centre pour enfants inadaptés mentaux et le Centre pour adolescents et adultes de Sidi Ali Levhar, placés sous la houlette de l’Association d’aide aux inadaptés mentaux de Bgayet ou les centres d’Aokas et de Taskriout gérés par l’association Défi. L’handicapé demeure cet exclu que l’on cache souvent et dont on a honte. Il arrive même qu’il soit diabolisé par ceux qui se réclament d’une certaine normalité. Quitte à se renier et à renier sa propre progéniture. Un peu comme si les parents sont exonérés de toute responsabilité, même dans les cas d’handicaps que génère la cosanguinité. L’handicapé n’a nullement besoin de pitié de commisération ou de compassion affectée. Il a tout simplement besoin d’affection, d’amour.

Mustapha R.