L’investissement à l’arrêt à Tizi-Ouzou

On a souvent parlé de la nécessité de booster le développement local à Tizi-ouzou, mais on serait tenter de se demander comment procéder afin de rattraper un retard de plusieurs années, mais surtout où trouver la volonté nécessaire pour y parvenir. Le manque d’infrastructures, pouvant assurer un réel développement local, est flagrant à Tizi-ouzou. Les quelques usines existant, depuis belle lurette, dans la région et que l’on peut facilement compter sur les doigts d’une seule main, sont loin de donner le bon exemple en terme d’équilibre économique. Elles n’encouragent de ce fait à aucune autre tentative d’investissement dans la région. Car il faut dire que ces vingt dernières années, aucune nouvelle industrie n’est venue rallonger, un tant soit peu, la liste des biens « commerciaux économiques » de la région. Si ce n’est les petites unités individualisées. L’investissement se limite actuellement à de simple petites entreprise créées grâce aux différents dispositifs d’aide à l’insertion sociale. Ou encore à d’autre affaires, à caractère familial, dont l’impact en terme économique et social est des plus insignifiants. Il faut reconnaître que les situations que vivent certaines unités en place, font réfléchir les éventuels investisseurs. Il suffit de constater les conflits qui ont secoué et secouent encore des unités de renoms à Tizi-ouzou. C’est le cas de la laiterie de Draâ Ben Khedda paralysée par les travailleurs pendant près de cinq mois, qui continuent à souffler le chaud et le froid près d’une année après le début de la crise dans une société pourtant privatisée et dont on demande la « re-nationalisation ». Un autre model de « souveraineté » économique de la région, il s’agit de Leader Meuble, l’usine de fabrication des meubles de Taboukert où le conflit en est à son deuxième mois. Plus de 300 travailleurs refusent de reprendre leur travail et réclament que leurs conditions socioprofessionnelles soient améliorées. Un conflit qui reste en suspens, ne réveillant aucune volonté des autorités locales à y mettre fin. D’un autre côté les zones industrielles existantes sont délaissées et le manque de moyens investis les rend non exploitées à leur capacité de production réelle. D’autant plus que les projets de création de nouvelles zones industrielles ne pointent nullement le bout de leurs nez. En résumé aucun investisseur n’est tenté de venir placer son argent dans une région qui, pourtant, déborde de ressources aussi bien naturelles qu’humaines. Ces investissements qui s’ils étaient consentis, pourraient mettre un terme une fois pour toute au chômage croissant. Un fléau social qui touche toute les franges de la société et n’épargne aucune catégorie sociale. Du jeune ayant délaissé prématurément les bancs de l’école, au quinquagénaire se retrouvant à la croisée des chemins, une longue expérience sur les bras, en passant par le jeune fraîchement diplômé personne n’est à l’abri du chômage. Mais l’absence de statistiques réelles ne permet pas de constater la réelle ampleur de ce Fléau. L’atmosphère d’insécurité qui a longtemps régné à Tizi-ouzou n’est pas pour arranger les choses. Les kidnappings à répétitions qui frappent depuis un certain temps la wilaya et qui « ciblent » les entrepreneurs et les commerçants, c’est-à-dire des gens bien placés dans la société n’encouragent certainement pas les investisseurs. Une centaine de personnes ont été prises en otages par des individus cupides sans aucune moralité ni conscience. Tous ces facteurs en décourageraient plus d’un et aident le désespoir à se généraliser.

C. T.