Site icon La Dépêche de Kabylie

Cruauté envers les animaux

Si la maItraitance des êtres humains est un délit, qui tombe sous les coups de la loi, celle des animaux, même quand elle se pratique publiquement, ne semble émouvoir que les âmes charitables, celles qui ne supportent pas de voir les autres souffrir, qu’il s’agisse des hommes ou des bêtes. On ne parlera pas, ici, de ces chats ou des chiens que l’on bat ou que l’on affame, mais de ces animaux que l’on voit sur les routes, transportés dans des camions ou des camionnettes, dans des conditions épouvantables. Quel est l’automobiliste qui n’a été surpris de voir, filer à vive aIlure, ces camionnettes, transportant des dizaines de cageots pleins de poulets, entassés les uns sur les autres.Ecrasés, les ailes repliées pitoyablement, un grand nombre d’entre eux ne bougent pas, sans doute parce qu’ils sont morts. On frémit quand on songe que ces bêtes sont destinées aux centres de production avicole, on frémit encore plus quand on sait que certains de ces centres sont clandestins et qu’ils échappent, non seulement au fisc, mais aussi au contrôle médicaI. Mais il n’y a pas que les poulets à souffrir de mauvais traitements : c’est aussi le sort de centaines de moutons, de vaches, de bœufs, que l’on entasse, par les froids les plus rigoureux ou les chaleurs les plus torrides, dans d’étroits véhicules, pour faire l’économie de plusieurs voyages.Certes, ces bêtes sont destinées à l’abattage mais il n’est pas dit qu’on doit les faire souffrir. La cruauté envers les animaux est, en principe, punie par la loi, mais il ne semble pas que les gens chargés de l’application de la loi s’en émeuvent outre mesure. Les camions et les camionnettes chargés de bêtes maItraitées passent les barrages de police et de gendarmeries comme des lettres à la poste

S. Aït Larba

Quitter la version mobile