Mal de société

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Par M. O. Benmokhtar :

Interdites d’école par «l’homme », durant les années 60,70 et 80, et même après pour certaines, des générations entières de femmes se retrouvent, aujourd’hui en Kabylie, sans savoir lire ni écrire. Certes, des hommes aussi n’ont pas aussi cette faculté mais leur nombre reste tout de même insignifiant par rapport aux femmes analphabètes. Celles-ci payent les frais et les conséquences du règne du père, du frère et, parfois même, du cousin, qui les ont privées des bancs de l’école. Il est vrai qu’à cette époque, l’école n’était pas si proche de chez soi, dans ce sens que ce n’était pas tous les villages qui en possédait, mais toujours est-il que si l’on se retrouve aujourd’hui avec un nombre si important de femmes illettrées, l’autorité de l’homme y est pour beaucoup. Et ce n’est certainement pas du jour au lendemain qu’on pourrait instruire tout ce beau monde et accéder, du coup, à un pourcentage zéro en matière d’analphabétisme. Le chiffre demeure, d’ailleurs, effarant. Selon l’association Iqraa, la wilaya de Tizi-Ouzou fait partie du «Top Ten» national en matière de nombre d’illettrés, dont la plupart sont des femmes. Des femmes qui ont, aujourd’hui, «d’autre chats à fouetter» au lieu de suivre les cours d’alphabétisation. «Ce n’est pas à mon âge que je vais m’amuser à aller à l’école», se désole-t-on en fait. Des enseignants se retrouvent, dans certains villages, à faire du porte à porte et à supplier ces veilles et autres femmes à s’inscrire, et ce, dans le but de rassembler le nombre qu’il faut pour constituer un groupe pédagogique. C’est dire que les efforts déployés par les associations qui activent dans le domaine sont, pour ainsi dire, parfois vains, tant la volonté ne suit pas. Le mal est profond. L’idéal, serait de veiller à neplus produire d’analphabètes à l’avenir, car, dans certaines régions, la fille demeure toujours réprimée.

M.O.B

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