Un jour suffit-il ?

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Toutes les trente secondes, un suicide vient bouleverser l’existence de familles, d’amis et de collègues de travail. Et pour un passage à l’acte réussi, il faut compter une vingtaine de tentatives, voire plus. Enfin, il faut savoir que le taux de suicide a augmenté de 60 % au cours des cinquante dernières années. Tous ces chiffres terrifiants montrent bien qu’il reste fort à faire, même si, chaque année, le 10 septembre, l’Organisation mondiale de la santé tente de mobiliser les États pour la prévention de ce type de drame. Aujourd’hui encore, l’OMS et ses partenaires (notamment l’Association internationale pour la prévention du suicide) vont prôner un traitement et un suivi adéquats des personnes ayant commis une tentative de suicide et une couverture médiatique plus discrète des décès survenus dans ces circonstances particulières. Dans son dernier communiqué l’OMS souligne l’importance de sensibiliser davantage les dirigeants et les responsables de la santé au fait que le suicide est une cause majeure évitable de décès prématuré.

Suicide en Algérie, l’une des principales causes de mortalité

Plus qu’un phénomène de société il est en passe de devenir en Algérie l’une des principales causes de mortalité. En dépit de la mise en garde des spécialistes qui ont tiré maintes fois la sonnette d’alarme, aucune campagne de prévention ou d’information n’a été initiée. La cellule de communication de la Gendarmerie nationale a établi un bilan, à ce sujet. Sur la base de ces statistiques, cette institution a répertorié les causes des suicides et les moyens utilisés pour y arriver. La classe sociale, l’âge et le sexe des cas sont aussi analysés. Le moyen le plus employé pour mettre fin à ses jours est la pendaison pour 70% des cas enregistrés. L’empoisonnement, les armes à feu et blanches sont autant de moyens utilisés. “Les principales causes de suicide ont toujours été ignorées du fait qu’il est considéré comme un acte contraire à l’Islam et aux traditions”. Le bilan cite, en premier, les troubles mentaux avec ses différentes formes pour 874 cas étudiés durant cette période. La décennie noire a aussi laissé des traces indélébiles qui conduisent certaines personnes à cette ultime solution. L’analyse des chiffres fait ressortir que 15,69% des personnes suicidées souffrent de dépression nerveuse. Caractérisé par la détresse et l’angoisse, le désespoir est la cause de 15% des suicides. A cela, se greffent les problèmes socio-économiques et familiaux qui influent sur la personnalité des individus. En effet, 12, 50% des personnes suicidées souffrent de problèmes sociaux. “Il est souvent difficile de connaître le mobile exact du suicide. Certaines familles n’osent jamais divulguer les raisons qui ont poussé les personnes à attenter à leur vie pour ne pas être déshonorées”. Une personne suicidaire ne paraît pas nécessairement comme déprimée. Sous un extérieur jovial peut se cacher une grande tristesse. Les signes changent d’une personne à l’autre. 75% des personnes décédées par suicide l’avaient annoncé. En effet, quasi personne ne se suicide sans avoir fait connaître son désespoir à quelqu’un. Toute tentative de suicide est un appel de détresse dont le corps est l’otage. Contrairement aux idées reçues, le suicide n’est pas héréditaire. Cependant, un suicide dans une famille peut influencer les autres membres de la famille. Pour aider une personne voulant se suicider, il faut l’écouter tout simplement sans lui donner des directives ou des sermons.

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