L´aide publique au logement rural, destinée à endiguer l’exode des villageois vers les grandes villes, est bien accueillie par les ruraux qui ne demandaient finalement que de pouvoir construire des maisons sur leurs terrains, dans leurs villages et entourés des leurs.
Voila ce qui explique, entre autres, le grand engouement que rencontre cette aide, par exemple, dans la commune d’Amalou, dans la wilaya de Béjaïa. Les quotas attribués sont même jugés nettement inférieurs à la demande exprimée par la population, ce qui n’a pas manqué de faire réagir l’APC qui sollicite des aides supplémentaires pour pouvoir satisfaire tous les postulants. « Cette volonté de l’état de revitaliser l’arrière pays, est le seul moyen qui permette la fixation des populations dans leur villages et la fin de l’exode. Néanmoins, les quotas doivent correspondre au nombre des dossiers, cela éviterait à l’APC de gérer les doléances des citoyens à ce sujet », a déclaré un élu. Pour l’année en cours, la commune d’Amalou a bénéficié d’un quota de 60 logements, concernant les nouvelles constructions et 20 logements pour la réhabilitation des habitations déjà existantes mais nécessitant des aménagements. Malgré un quota supplémentaire de 15 logements attribués par l’état, l’APC, devant le grand nombre de dossiers en souffrance, a demandé un quota supplémentaire exceptionnel de 50 logements que la wilaya a entériné. « Avec un quota total de 145 logements, obtenu en 2012 et rentrant dans le cadre de la première tranche, nous avons une vingtaine de dossiers en instance que nous comptons résorber à la réception du quota de la deuxième tranche de l’année en cours », a soutenu notre interlocuteur. Ce qui est vraiment navrant, ce sont les problèmes que rencontrent les bénéficiaires. Les plus fréquents sont la bureaucratie chez les organismes de suivi et l’incapacité financière de certains à réaliser. Nombre d’entre eux ont dû jeter l’éponge en milieu de parcours et renoncer à leurs projets. La wilaya doit songer à faire bénéficier le maximum de demandeurs et aller vite dans la réalisation, car les postulants demandent, outre la levée des contraintes déjà énoncées, la réduction des circuits et des délais de traitement des dossiers et surtout le renforcement des mesures de facilitation inhérentes au déblocage des tranches d’argent. « L’aide publique au logement rural est une aubaine pour les populations vivant dans les villages enclavés, à condition qu’elle ne soit pas entravée par des organismes parasites », a déclaré un postulant dépité un dossier plein de paperasse sous le bras. Ce dernier nous confiera qu’il ne sait plus quelle direction prendre pour entamer ses démarches, auprès d’administrations dont les responsables ne prêtent pas tous une oreille attentive aux souffrances des citoyens.
L. Beddar

