L’Algérie a remporté 19 médailles (4 or, 6 argent et 9 bronze) aux 15ès jeux Paralympiques de Londres, clos dimanche après onze jours de compétition.
Une moisson qualifiée de “satisfaisante», par le directeur technique national (DTN), l’Algérie ayant réussi à améliorer son classement par rapport à l’édition de Pékin (2008). Cette moisson de 19 médailles permet au handisport algérien de se classer 26è au tableau des médailles, sur 75 nations classées. La Chine a largement dominé cette 15e édition des jeux Paralympiques, remportant 231 médailles (95 or, 71 argent et 65 bronze), suivie de la Russie avec 101 médailles (35 or, 38 argent et 28 bronze) et l’Angleterre, pays organisateur, qui a empoché 120 médailles (34 or, 43 argent et 43 bronze). Lors de la précédente édition en Chine, le handisport algérien avait terminé à la 31e place, sur 76 pays classés, avec 15 médailles (4 or, 3 argent et 8 bronze). “Je crois que la Fédération algérienne handisport (FAH) a réalisé les prévisions qu’elle s’était élaboré avant de venir à Londres. Nous avions projeté de faire mieux qu’à Pékin et nous l’avons fait, même si, quelque part, nos athlètes pouvaient faire mieux», a déclaré à l’envoyé spécial de l’APS, le DTN Mouloud Debiane, qui a tenu à féliciter tous ceux qui ont contribué à la réalisation de ces performances, notamment les athlètes et les staffs qui ont “beaucoup travaillé” pour arriver à ces résultats. Parmi les satisfactions algériennes, les techniciens retiennent le nom de Saïfi Nassima (médaillée d’or au lancer du disque) qui a remporté son premier titre paralympique, après une 4è place dans la même spécialité à Pékin. Le jeune Abdelatif Baka (or au 800m) a également émergé à l’occasion de ses premiers jeux, malgré son jeune âge (seulement 18 ans), sans oublier, Mohamed Berrahal (fauteuils/T51) qui a réalisé une performance inédite dans l’histoire du handisport dans la classe des moteurs. Berrahal a offert à l’Algérie une médaille d’or au poids et une d’argent au 100m.
Il est à noter, aussi, le podium historique réalisé par le trio Kerdjena, Betina et Bakiri, dans le même concours, celui du poids, une performance qui va être inscrite au livre d’or des jeux Paralympiques. “Les performances de ces athlètes sont remarquables. Elles nous procurent beaucoup de satisfaction et nous poussent à travailler davantage pour l’avenir. Les autres athlètes algériens n’ont pas démérité aussi bien dans les épreuves du demi-fond que celles des lancers, réalisant de bonnes performances, mais, quelque fois, sans pouvoir gagner», a expliqué le directeur technique national.
Régression du sprint algérien
Par contre, le responsable technique a relevé avec “regret” la régression du sprint algérien, avec les Hamdi, Djemai et Boukhalfa, qui n’ont pas su sortir le grand jeu. Ils ont quelque peu déçu dans leurs épreuves respectives, pour diverses raisons, notamment “le niveau des autres concurrents qui était supérieurau leur”. “On a été agréablement surpris par le niveau technique général des athlètes dans les épreuves d’athlétisme. Ils ont, tout simplement, été extraordinaires. Par apport aux championnats du monde, où la participation est payante et pas à la portée de plusieurs athlètes, les jeux Paralympiques (participation gratuite) permettent de retrouver des athlètes qui, souvent, surprennent tout le monde avec de remarquables performances”. Evoquant le système de la table de cotation appliqué depuis plusieurs années en athlétisme, M. Debiane a indiqué que, cette fois-ci, ce système a été mis à l’index, notamment par les athlètes des classes inférieurs. “Nous étions parmi les pays défavorisés par ce système qui nous a privés, tout simplement, d’autres possibles médailles», a-t-il souligné donnant l’exemple des deux épreuves de Lahouari Bahlaz (auteur de deux records du monde, mais qui n’a gagné que deux médailles de bronze. Il faut ajouter à cela le cas des athlètes Nadia Medjmedj (F57) et Karim Betina, auxquels les juges avaient compté plusieurs essais nuls. “Cela ne nous était jamais arrivé dans notre longue carrière. De bons essais, avec à la clé de belles performances, nous ont été refusés. Ce n’est pas normal, c’est du mépris pour les athlètes», se sont accordés à dire les deux spécialistes algériens des lancers.
Le judo OK, le Goal-Ball en deçà des espérances
Pour le judo, le DTN semble satisfait de la prestation des trois athlètes engagés et médaillés de bronze, expliquant qu’“en judo, dès fois, on ne ressent pas une différence claire de niveau. L’athlète doit saisir sa chance dans ses combats pour espérer être sur le podium. Le tirage au sort et la chance sont deux paramètres prépondérants dans la compétition”. Parlant du Goal-Ball, dont c’était la deuxième participation aux JP, depuis ceux de 1992 à Barcelone, il dira que « l’équipe algérienne a eu deux visages distincts ». Le premier a été marqué par un bon parcours aux préliminaires (4e de son groupe B, avec six points et deux matchs gagnés en cinq rencontres), alors que le second (quart de finale) a été en deçà des espérances avec une élimination “mal digérée” par le staff et les responsables techniques. “L’équipe avait toutes les chances pour passer aux demi-finales, mais sa prestation n’était pas à la hauteur, devant un adversaire turc largement à sa portée (1-3)“, dira Debiane qui estime, néanmoins, que la prestation de l’équipe est, dans son ensemble, “honorable”. En 1992 à Barcelone, l’équipe algérienne de goal-ball, qui avait pallié au forfait de la Libye, avait terminé bon dernier, avec 0 points.

