La Dépêche de Kabylie

Ali Yahia redécouvre la Kabylie

Les rédacteurs estiment de prime abord que « la décision d’imposer de nouvelles élections locales dans une Kabylie aux plaies encore vives participe à une autre manipulation pour entretenir les divisions et les oppositions entre Algériens ». Ainsi, ils considèrent que la tenue des partielles du 24 novembre n’est qu’une « manipulation », et donc les co-auteurs ne sont que le gouvernement et les délégués des archs. Car ces élections sont le fruit direct du dialogue. Néanmoins, les signataires de cette déclaration se contredisent quelques lignes plus loin en écrivant que « le vote politique doit l’emporter pour confirmer le refus des thèses césaristes et totalitaires du pouvoir qui multiplie les procédés aussi vils que mesquins pour caporaliser la Kabylie et réduire la contestation en échange de subsides grassement octroyés à ses relais locaux ». Si on comprend bien, les partielles de 24 novembre prochain ne sont qu’une « manipulation » à laquelle il faut participer. A relever également l’insulte et l’invective, provenant de gens qui prêchent « le sursaut et le renouveau ». Les radacteurs tentent deséspérament de courtiser le FFS et le RCD, eux qui, dans leur écrasante majorité, ont contribué activement à creuser le fossé qui sépare les deux formations. Ils se posent et se proposent en sauveurs de la Kabylie et de sa conscience, et appellent les différents acteurs (comprendre le FFS et le RCD) à « éliminer les divergences afin d’aboutir à un accord », comme si ces deux partis ne sont pas à même de prospecter et de bâtir une convergence si cela était nécessaire. Ali Yahia Abdennour et consorts, qui se sont illustrés par leur absence sidérale durant ces dernières années, durant lesquelles la Kabylie a souffert, pleuré et enterré ses enfants, reviennent aujourd’hui, on ne sait en quelle qualité, pour prescrire une thérapie à une maladie à laquelle ils ont contribué. Les « 18 » ne sont pas censés ignorer qu’il n’y a pas mille façons de faire de la politique. Ils savent que pour en faire, il y a la possibilité d’intégrer les partis existants ou à défaut d’en créer un autre. Mais il est malsain de se greffer sur des luttes que d’autres ont menées, de reproduire l’insulte et l’invective tout en appellant à la « convergence ». La Kabylie avait besoin d’eux, comme d’autres, dans les moments difficiles. Aujourd’hui que la situation est plus sereine et l’amorce du développemnt enclenchée, il est indécent de se présenter comme des fleurs pour cueillir les fruits de luttes que d’autres ont conduites et pour lesquelles ils se sont sacrifiés. La chimérique et utopique « convergence démocratique » qui apparait à la veille de chaque échéance électorale a été déjà expérimentée auparavant avec les résultats qu’on lui connaît. La convergence entre partis et du ressort exclusif de leurs militants et dirigeants. Elle ne saurait être dictée, murmurée ou prescrite par des donneurs de leçons qui se croient au-dessus de la mêlée. La convergence se réalise sur le terrain boueux des luttes et des combats. S’il est vrai que pour les partielles du 24 novembre prochain, les listes ont été déposées et que certains se voient de potentiels candidats à la députation en 2007 tentent de se positionner dès aujourd’hui. Dénoncer les « mascarades électorales » successives et appeler les électeurs à voter le 24 novembre prochain n’est pas une contradiction de forme que les signataires de la déclaration endossent avec aplomb. Néanmoins, le passé militant des auteurs trahit une volonté de leur part de renouer avec leur ex-parti, le FFS. A rappeler que Ali Yahia Abdennour a reçu une fin de non-recevoir de la part du président du FFS à qui il avait proposé un rapprochement avec le RCD et les anciens de son parti.

Chérif Amayas

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