Après les dépenses du Ramadhan et de l’Aïd, qui ont réduit presque à néant les économies des familles aux revenus moyens, voilà que la rentrée scolaire et ses dépenses viennent leur asséner le coup de grâce. En effet, rien que pour un enfant qui entre en première année scolaire, les frais avoisineraient les 8000 DA. A première vue, c’est difficile de le croire tant la dépense paraît astronomique, surtout pour un père dont le salaire tourne autour du SMIG. Mais pour s’en convaincre, il n’y a qu’à détailler les différents achats. Pour l’habillement, le prix d’un pantalon court des plus ordinaires varie entre 1 000 et 1 500 DA, même prix pour la chemisette ou le tricot. Quant aux chaussures, leur prix dépassera allègrement les 2000 DA. La blouse qui est exigée par l’école coûte, suivant la qualité du tissu et le modèle entre 600 et 1 000 DA. En ce qui concerne l’indispensable sac à dos qui sert de cartable ces dernières années, son prix va chercher, au bas mot, dans les 1 000 à 2 000 DA. Si vous ajoutez à cette liste le trousseau scolaire, dont le coût gravite autour de 1000 DA, vous arriverez allègrement la somme annoncée. Signalons également que certains enseignants ne font rien pour aider les parents en exigeant des produits de grandes qualité et donc trop chers. Si vous n’avez qu’un enfant et si vous êtes haut fonctionnaire ou grand commerçant, 8 000 DA sont pour vous une dépense tout à fait ordinaire et vous aurez tout le plaisir et toute la fierté du monde à répondre à la moindre demande de votre enfant. Mais votre attitude sera toute autre si vous êtes un smicard et si vous avez cinq à six enfants.
B. Mouhoub

