Notre pays est choisi par plusieurs réseaux de malfaiteurs et de trafiquants comme un endroit privilégié et un passage obligatoire par lequel transitent les marchandises qui seront acheminées vers d’autres destinations. Cette montée au créneau de la criminalité sous toutes ses formes, contrebande, trafic de véhicules, commercialisation de drogue et autres stupéfiants ainsi que l’immigration clandestine qui nous parviennent aussi bien de nos voisins marocains et tunisiens, de l’Europe et de l’Afrique subsaharienne nécessitent une stratégie adéquate qui pourrait réprimer la recrudescence de ce phénomène qui commence à prendre de l’ampleur dans notre pays. Cette délinquance de « 3ème génération » caractérisée par l’évolution du recours aux technologies nouvelles, l’internationalisation des réseaux de criminalité qui ont dépassé les frontières et l’interconnexion entre ces différents réseaux a poussé la Gendarmerie nationale à adopter un plan d’action qui s’appuiera sur le renforcement de la couverture sécuritaire, la multiplication des formations et la spécialisation du personnel ainsi que l’utilisation de moyens, équipements et méthodes de prévention et d’intervention modernes qui s’adapteront à cette nouvelle forme de criminalité.
Petite criminalité : 881 personnes présentées au parquet depuis le 14 juilletLa petite criminalité qui va du simple vol au cambriolage est celle qui suscite ce sentiment d’insécurité chez le citoyen du fait qu’il est directement touché par ses conséquences dans sa vie de tous les jours. Bien que les chiffres avancés par les éléments de la gendarmerie nationale font état d’une baisse notable en matière d’atteinte aux biens et aux personnes, il y a lieu de préciser que cela concerne seulement la criminalité apparente, celle constatée par les services de sécurité ou déclarée par les citoyens. Donc, ces chiffres ne reflètent pas exactement ce qui se passe sur le terrain et n’incluent pas la criminalité cachée.Durant les neuf premiers mois de l’année en cours, les services de la Gendarmerie nationale ont traité 642 affaires pour vol simple, 207 pour vol de véhicules et 1029 affaires de cambriolage des habitations. Pour l’atteinte au droit commun, il a été fait état de 278 affaires pour vol à main armée et 3 hold-up, sans prendre en compte les attaques commises par les terroristes contre les établissements financiers qui sont classées dans un autre registre. Afin d’occuper davantage le terrain, d’assurer le citoyen et de dissuader les délinquants pour la répression de la criminalité et les autres formes de banditisme, un dispositif permanent de prévention a été déployé dans plusieurs villes du pays classées zones criminogènes. Des opérations conjointes entre les éléments de la gendarmerie et les services de polices ont ciblé plusieurs wilayas depuis le 14 juillet dernier à Oran et qui se sont soldées par une série d’actions concrètes traduites par la présentation au parquet de 881 personnes, la neutralisation de 82 malfaiteurs recherchés et la saisie de quantités importantes de drogue et d’armes blanches.
Contrebande et trafic de stupéfiants : 6 070 personnes arrêtéesEn ce qui concerne la grande criminalité, qui compte le trafic de véhicules, la commercialisation des stupéfiants, l’immigration clandestine et la contrebande, 3 138 affaires de contrebande sont traitées et 3 993 personnes arrêtées et un cheptel de 992 têtes d’ovins, plus de 417 000 litres de carburant et 580.000 cartouches de cigarettes ont été récupérées par la gendarmerie depuis le 1er janvier 2005. Quant au trafic des stupéfiants, dans 1 328 affaires traitées, 2 077 personnes ont été arrêtées et 3 364 kg de cannabis ainsi que plus de 300 000 comprimés de psychotropes ont été saisis. Une nette évolution a été constatée dans la consommation et commercialisation de la drogue qui touche, de plus en plus, de larges franges de la société et une hausse permanente est constamment enregistrée dans les quantités de drogues saisies. Le développement de fléau qui menace notre jeunesse a un lien très étroit avec la recrudescence de la criminalité puisqu’il demeure un marché fort porteur pour les réseaux de malfaiteurs.Le trafic de véhicules, un autre phénomène qui prend de l’ampleur dans notre pays et qui se manifeste généralement par des actions organisées dont l’exécution nocturne a connu durant cette période une baisse notable par rapport aux premiers neuf mois de l’année dernière. Des opérations de grande envergure sont interceptées ici et là tout au long du territoire national et en neuf mois, 322 véhicules ont été récupérés et 327 personnes arrêtées dans 193 affaires traitées. D’autres formes de trafic et de vol de câbles téléphoniques et électriques ainsi que les panneaux solaires sont signalés notamment au Sud du pays à proximité des installations pétrolières. Des vastes réseaux de trafic activent dans le pillage du cuivre et la récupération d’autres déchets destinés à l’exportation et revendus dans les pays du Sahel notamment, un phénomène qui porte atteinte à l’économie nationale. Immigration clandestine : un réel danger pour notre paysLes flux migratoires qui nous viennent clandestinement de l’Afrique subsaharienne commencent à prendre des proportions qui pourraient dans un avenir proche, constituer un réel danger aussi bien sur les populations que sur l’économie nationale. Les villes de l’extrême sud de pays sont envahies par des centaines de ressortissants africains qui y se sont installés en villages entiers. Notre pays qui est un passage obligatoire pour parvenir en Europe, pourrait devenir, un refuge pour ces populations fuyant la famine et la dictature, et qui trouvent de plus en plus du mal à accéder à l’autre rive de la Méditerranée. En plus des séjours illégaux fait qui est en soi une infraction et une violation des frontières, ces ressortissants s’adonnent à des actes de trafic à travers la falsification des documents et l’introduction de la fausse monnaie. Durant cette période allant du 1er janvier au 25 octobre de l’année en cours, 4 750 personnes ont été arrêtées dans 997 affaires traitées. Une évolution de 16% par rapport à la même période l’année dernière. Dans chaque opération menée par les services de sécurité, au moins une dizaine de ressortissants africains sont arrêtés pour des manœuvres d’escroquerie mettant en danger la sécurité des citoyens et portant atteinte à l’économie algérienne. Pas plus loin que la nuit de mardi à mercredi derniers, neufs étrangers de nationalités africaines ont été arrêtés à Alger pour séjour illégal et trafic de documents administratifs.Ce constat conforté par les chiffres fournis dernièrement par la Gendarmerie nationale sur le nombre de ces ressortissants, devrait donner à réfléchir sur les meilleurs dispositifs à mettre en place afin de freiner cet « exode africain » vers notre pays.
H. Hayet
