En grève depuis plus de cinq mois, les greffiers menacent de durcir le ton si le nouveau ministre de la Justice n’ouvre pas le dialogue avec eux, dans une semaine.
«On a déposé une demande d’audience auprès du ministre, mais les responsables ont refusé de nous donner l’accusé de réception », s’est indigné Mourad Ghedia, membre du bureau de la fédération nationale du secteur de la justice (FNSJ). Il a précisé que si le département de la tutelle ne répondait pas à cette demande dans un délai d’une semaine, les greffiers vont radicaliser leur mouvement de protestation. « Si la réponse est négative, la fédération va observer d’autres actions de protestation », a noté M. Ghedia. Ce denier n’a pas manqué de mettre en exergue les dépassements et les répressions exercés par la tutelle à l’encontre des grévistes. «Le ministère a gelé les paies des grévistes et a exercé différentes pressions et menaces afin de les empêcher de rejoindre le mouvement de protestation», a-t-il noté. Il y a lieu de souligner que sept membres de la fédération ont déjà observé une grève de la faim qui a duré plus d’un mois. Mais en vain, la tutelle n’a accordé aucune suite à leurs revendications. Pour rappel, les greffiers ont déclenché une grève illimitée, le 10 avril 2012, suivie de plusieurs rassemblements devant le siège de la tutelle à Alger. Cette action a paralysé tout le secteur de la justice à travers le territoire national, enregistrant un taux de participation de 95%. Le président de la fédération, Mourad Ghedia, avait estimé par le biais d’un communiqué que ses collègues étaient contraints de recourir au durcissement de l’action de protestation, après avoir usé de toutes les voies possibles. Surtout, ajoutera-t-il, « après que la tutelle eut décidé de fermer les portes des tribunaux et des cours devant les employés, en procédant au remplacement des greffiers par des huissiers de justice ». Face au silence de la tutelle, les greffiers ont entamé une grève de la fin qui a duré deux mois.
Samira Saïdj

