Comme chaque année en cette période, les collecteurs de figues sèches, à bord de leurs camionnettes ou fourgonnettes, font du porte à porte en usant de leur klaxons et vont jusqu’aux dernières demeures isolées de la localité de M’Kira, pour acheter tout ce qui a pu être ramassé.« Cette saison a été très mauvaise pour les figuiers, que ce soit en montagne ou en plaine, à cause de la canicule qui a sévi durant les mois de juillet et août. Les fruits ont séché trop vite, à même les branches », nous confie un collecteur venu de la localité voisine de Chaâbet El Ameur. Les prix proposés par les acquéreurs vont de 40 dinars le kilogramme, pour le troisième choix, à 150 dinars pour les produits de qualité meilleure. « Cette année, nous n’avons pu ramasser qu’une vingtaine de kilos, et de mauvaise qualité », nous déclare Farid, un lycéen venu proposer son sac à demi rempli au collecteur qui, après un examen minutieux du contenu, ne lui proposera que 80 DA le kilogramme. Pour Aami Lounès, un septuagénaire, la génération actuelle est responsable de cette calamité qui frappe cette richesse divine, tout autant que l’oléiculture. « Dieu nous a gâtés en nous donnant le figuier et l’olivier mais, depuis l’indépendance, nous avons tout abandonné pour vivre autrement », ne cesse de clamer Aami Lounès, qui en veut vraiment à sa progéniture ainsi qu’à ses nombreux petits enfants de ne pas s’occuper de ses figuiers, héritage ancestral. La localité de M’Kira possède de nombreuses figueraies, notamment dans sa partie basse.
Essaid Mouas
