Le projet de construction d’une école de formation pour la gendarmerie motorisée à Tadmaït a suscité la colère des jeunes de la localité qui se disent privés d’infrastructures de base, à l’image d’un CSP et d’une gare routière. Hier ils ont entrepris des actions de protestation. Selon des sources concordantes, c’est un tract anonyme, affiché sur les murs de Tadmaït, appelant les habitants à une journée de grève générale pour hier afin de « protester contre le projet de construction d’une caserne de gendarmerie nationale », qui fut le déclencheur de ce mouvement enregistré hier. « Vers 10 heures du matin, raconte le maire, un groupe de jeunes se dirigea vers le siège de l’APC, demandant aux employés de l’état civil de quitter les bureaux. Les travailleurs évacuèrent les locaux de l’APC pour une dizaine de minutes, avant qu’ils ne reprennent leurs fonctions sur intervention de citoyens exaspérés, venus se faire délivrer différents documents administratifs ». Puis c’était au tout de la RN 12 d’être fermée au niveau de l’ancien carrefour et du barrage de la gendarmerie nationale. Des pneus brûlés, des amas de terre, de goudron, de pierres et de branches ont été disposés sur les deux voies de cet important axe routier. Sur les lieux, à la mi-journée, quelques chauffeurs et automobilistes, les nerfs à fleur de peau, s’en prenaient aux protestataires. On a même frôlé l’affrontement, si ce n’était l’intervention de grandes personnes qui calmaient les esprits. Pendant ce temps, les jeunes s’en prenaient à la baraque de l’entreprise réalisatrice du projet. Ils la brûlèrent et prirent du matériel de chantier qui s’y trouvait. Le gardien tenta de résister, mais face à l’agressivité des jeunes, il laissa faire. Plus loin, au niveau du barrage fixe de la gendarmerie, un camion chargé de canettes de bière fut intercepté par certains jeunes qui déversèrent leur colère sur le chargement. Des centaines de caissettes ont disparu en un clin d’œil. Le sol est resté jonché de canettes qui explosaient au moindre choc.
Le P/APC confie, par ailleurs que » le projet de cette école, dont nous n’avons aucun document officiel au niveau de l’APC, a empiété sur ceux du Complexe sportif de proximité et de la gare routière, qui accusent un énorme retard. Si ces trois projets avaient démarré ensemble, la situation n’aurait pas pris cette tournure, » déplore t-il.
Arous Touil

