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Des milliards pour une conduite trouée

Depuis quelques jours, tout usager de la RN71 aura remarqué deux énormes trous non encore remplis de terre. Ces deux trous situés de part et d’autre du virage connu sous le nom de « Torna uqermud » se trouvent à quelques centaines de mètres du carrefour, « La tranchée. » Creusés par les agents de l’ADE (Algérienne des Eaux), afin de déterrer pour la énième fois la conduite d’eau potable alimentant la commune de Béni Yenni. Le sujet du jour n’est pas le trou qui n’est que l’arbre qui cache la forêt. En effet, ce n’est pas la 1ère fois et peut-être ce ne sera pas la dernière fois que la conduite est déterrée pour être soudée et encore soudée, cela suite aux multiples et répétitives fuites d’eau qui apparaissent après chaque « soudure ». Ce n’est pas que les agents de l’ADE ne font pas de leur mieux, mais « les tuyaux utilisés ne sont pas conformes aux normes requises et ne peuvent résister à la pression de l’eau, vu qu’au lieu d’utiliser des PN 40, ce sont des PN 20 qui ont servi de conduite. Je ne suis pas spécialiste, mais ce sont les dires des spécialistes de l’hydraulique qui nous ont informés », nous confiera M. Tabéche, P/APC de Béni Yenni. Ainsi, selon les dires du maire, cette « conduite d’eau a été réalisée et mise en service à la mi-90, et la tuyauterie utilisée est une tuyauterie abandonnée et récupérée de… Bousaâda ». Plus grave encore, « Au niveau de la commune, il n’y a aucune trace ni archive de ce projet réalisé en 1996, et inauguré par M. Belayat, ministre de l’Hydraulique en ce temps-là. La réalisation de ce projet (2 stations de refoulement, ainsi que cette conduite) avait coûté la bagatelle de 460 000 000 DA », ajoutera le maire. Ainsi, ce projet est venu suite à son inscription par le chef de daïra et la DEC en 1994, ceci en remplacement de la conduite qui avait été ramenée de Oued Rabita, pour la somme de 10 000 000 DA, pour être mise aux oubliettes et abandonnée. Par ailleurs, la conduite actuelle, n’est autre qu’une passoire, puisqu’elle fuit de partout, et selon un citoyen de Béni Yenni, « j’ai compté plus de 7 endroits, sur cette conduite qui fuient, et ceux-ci ne sont que ceux apparents ». En effet, il est à signaler que cette conduite a déjà été refaite sur des tronçons importants deux fois de suite et il ne serait pas étonnant que des opérations de réfection y soient faits à l’avenir, apprendrons nous auprès du P/APC qui conclura « Nous avons adressé plusieurs correspondances aux services concernés, pour que cette conduite soit réalisée dans les règles de l’art, de même qu’à plusieurs reprises nous avons demandé à ce qu’une enquête soit diligentée quant à la réalisation de cette conduite, mais à ce jour, c’est le silence absolu. Il est temps que les pouvoirs publics se penchent sur ce dossier ». En attendant que tout cela soit éclairci, les citoyens de Béni Yenni veulent toujours de l’eau. Nous y reviendrons.

M. A. B.

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