Tizi-Ouzou Elections locales du 29 novembre – Partis en quête de candidats

Contrairement aux dernières législatives, pour lesquelles la course aux listes électorales avait fait rage des mois avant le jour J, les prochaines élections locales ne semblent pas emballer grand monde.

Cela est du moins valable pour la wilaya de Tizi-Ouzou où les différents partis trouvent toutes les peines du monde pour convaincre de potentiels candidats. Les militants, du moins ce qu’il en reste au sein de ces formations, devenues par la force des choses des coquilles vides, ne sont pas très chauds pour figurer sur les listes électorales. « La fonction de maire, n’est pas très intéressante ! », c’est en fait la phrase qui revient souvent sur les lèvres de ces militants. Il est vrai qu’au bout de la joute électorale du 29 novembre prochain, il n’y aura point de 32 millions de centimes, soit le salaire mensuel d’un député. Le poste du maire est beaucoup moins prestigieux. Et puis, dans le milieu introduit, l’on sait tous aujourd’hui que le P/APC n’a pas les coudées franches dans sa mission. Quoi qu’il en soit, à Tizi-Ouzou, on ne se bouscule pas devant le portillon pour une place sur la fameuse liste. Certains partis n’ont pas trouvé mieux que de se rabattre sur de « tierces » personnes pour remplir celles-ci. Des personnes dont certaines ne sont nullement initiées à la chose politique ont été approchées par ces partis, qui leur ont proposé de faire partie de leurs listes. Cependant, l’opération « recrutement » ne semble pas séduire beaucoup de monde. C’est dire, que ces partis ont du pain sur la planche, d’autant que le nombre des sièges au niveau des APC de l’APW a augmenté par rapport aux dernières élections locales. Il y a aussi ce quota réservé à la gent féminine qui doit être respecté ce qui n’est pas évident quand il s’agit d’une élection locale, dans le sens où la femme « rurale » ne peut pas se permettre de sillonner les villes et les villages et de s’exposer durant toute la campagne électorale. Conscientes de la difficulté de la tâche, ces formations ont réactivé leurs bureaux régionaux qui ont repris l’activité après plusieurs mois de fermeture. Au niveau des directions de la wilaya, les partis s’affolent pour tenter d’aller au bout de leur mission. Ce qui n’est pas du tout évident. L’autre point qui complique un peu plus cette tâche, c’est que les militants ‘’sincères’’ n’ont plus confiance dans les commissions locales installées pour confectionner les listes. Les leçons des différentes élections passées font qu’on ne se jette plus comme ça, à l’aveuglette, dans l’aventure électorale. On sait que le dernier mot dans la confection de ces listes revient aux directions nationales. C’est pour ça qu’on préfère ne pas s’aventurer, au risque de perdre la face. Convaincre les uns ou les autres n’est donc pas chose aisée. En tous cas, les chefs de file de chaque parti au niveau de la wilaya ont encore du temps devant eux pour tenter d’être à la hauteur de leur « mission ». Ces derniers ne s’inquiète d’ailleurs pas pour autant. Said Lakhdari, mouhafedh du FLN à titre d’exemple, a placé la barre, très haut, en exigeant pour la commune de Tizi-Ouzou « un ministrable » pour reprendre son expression. Concernant le FLN toujours, on s’agite aussi du côté de Fréha où la guerre « régionale » bat son plein. Pour ceux qui ne le savent pas, cette commune est partagée, pour ainsi dire, entre deux sphères. L’une appelé communément la région montagnarde située au nord de la commune et l’autre située au niveau de la vallée du Sébaou. Chaque région veut imposer son propre candidat comme tête de liste, quitte à opter pour « un intellectuel » hors du parti. Plusieurs personnes ont été approchées par les deux parties, mais en vain. A Fréha, puisqu’on y est, on dit que l’actuel P/APC élu sur la liste RCD pour les deux derniers mandants ne sera pas reconduit par son parti. Ne voulant décidément pas lâcher le fauteuil qu’il occupe depuis deux mandats donc, ce dernier se présente, dit-on, sur une liste indépendante. Voulant réaliser un bon coup dans cette municipalité acquise pour le RCD jusque là le FFS chercherait « désespérément » un candidat issu des villages de la vallée du Sébaou qui n’est pas, il est vrai, entièrement et totalement vouée au parti de Belabbes. Loin de la commune de Fréha, du côté de Makouda plus exactement, on parle de la confection d’une liste qui sera issue des comités de villages, une liste indépendante qui tentera de barrer la route aux « politiciens » qui ont déçu la population durant les derniers mandats de leur gestion. Dans le chef-lieu de la wilaya de Tizi-Ouzou, on apprend qu’un ex maire du FFS veut lui aussi conduire une liste indépendante, laquelle sera parrainée par l’un des partis nouvellement créés. Il est peut-être tôt pour se prononcer sur la chose, mais au rythme ou vont les choses, la bataille électorale risque de se limiter à quelques partis seulement dans la wilaya de Tizi-Ouzou. Une wilaya où la chose politique ne suscite plus l’attention comme dans les années 1990. A qui la faute? Bien sûr aux politiques, qui n’ont pas été à la hauteur des aspirations exprimées au lendemain de l’ouverture politique de 1990.

M. O. B