La Dépêche de Kabylie : Vous avez quitté la JSK pour une carrière en France. Parlez-nous de votre nouvelle équipe… ll Mohamed Salah Hamlaoui : J’évolue depuis le début de la saison au sein de Hand Ball club de Béthune, une équipe de la nationale 3 du championnat de France. Le club se situe dans le Nord. On a bien débuté le championnat puisque jusque là on a réalisé un sans faute avec quatre victoires en quatre matchs ce qui nous a permis de nous classer leader du championnat. Mais au départ vous devriez rejoindre Villeneuve-d’Ascq. Pourquoi ce changement ? ll Effectivement. Au départ j’avais des contacts avec le club Villeneuve-d’Ascq. C’était en octobre 2004 et tout a été réglé pour que je signe avec ce club pour la saison suivante. A mon retour, en mai dernier l’entraîneur de Villeneuve-d’Ascq est parti au club Béthune. Comme il me connaissait déjà, il m’a alors appelé pour me demander de le rejoindre. Il m’a tenu un langage convaincant en me parlant des objectifs du club à savoir l’accession en Division une. C’est un challenge qui me tient à cœur et je n’ai pas hésité à signer un contrat avec Béthune pour une durée de 3 ans et j’avoue que je n’ai pas regretté un seul instant. Qu’en est t-il du niveau du championnat ?Le niveau est très élevé surtout avec la présence de joueurs venant des meilleurs pays européens en hand Ball. Je cite la Suède, la Roumanie, la Hongrie, la Pologne… C’est aussi un championnat très physique et surtout tactique. Avec mon expérience acquise durant les longues années passées en Algérie, j’ai pu apporter un plus pour mon club surtout sur le plan technique parce qu’ici en France tout le monde reconnaît que le joueur algérien est doué techniquement. D’ailleurs, on ne tarit pas d’éloge à notre égard et j’avoue que tout le monde admire le hand algérien ici à Béthune. Cela m’honore d’être un digne ambassadeur du handball de mon pays. Ne pensez-vous pas que vous avez un peu tardé pour embrasser une carrière professionnelle ?ll Pas du tout. Au contraire, tous les techniciens vous le diront : En hand ball, à force qu’on grandit, on joue mieux. Donc la question de l’âge n’est pas un handicap et en plus n’oubliez pas aussi que je n’ai pas perdu mon temps avant de venir ici en France. J’ai joué avec la JSK où j’ai passé des années inoubliables et accumulé une riche expérience à tous les niveaux. On a remarqué que malgré la richesse de son effectif, aucun joueur de la JSK n’est sélectionné en équipe nationale. Pourquoi selon vous ?ll Jouer en équipe nationale, est le rêve de chaque joueur. Malheureusement chez nous en Algérie les responsables ne font appel qu’aux joueurs du MC Alger et quelques-uns du CSO et de Saïda. Pourquoi ? Je ne sais pas, il faut poser la question aux responsables. Parce qu’à mon avis il y a actuellement des joueurs de la JSK qui méritent leurs places en équipe nationale. Je peux citer Khider, Mebarki Merah, Abdallah, Boufraa…Maintenant, en ce qui me concerne je peux dire que malgré que je n’ai pas eu cette chance, j’ai vécu des moments de joie dans ma longue carrière avec la JSK où j’ai connu un homme qui m’a grandement marqué. C’est le défunt président de la section Hand, Ali Bouha, que Dieu ait sont âme. Il était comme un père pour nous les joueurs. En parlant de la JSK, est ce que vous suivez toujours ce qui s’y passe ?ll Bien évidemment, je m’intéresse de près à tout ce qui touche mon ancien club, principalement à travers le site de votre journal, en plus des informations que je reçois de mon ex-coéquipier Khider. Concernant le parcours de la JSK, je crois que c’est normal qu’il n’y ait pas de bons résultats. L’équipe n’a pas effectué une bonne préparation sur tous les plans. L’équipe n’a joué aucun match de préparation ce qui s’est répercuté négativement sur le rendement des joueurs lors des matchs du championnat et j’avoue que c’est toujours le même problème qui revient chaque saison a la JSK et à ce niveau, ça ne pardonne pas. Mais, je reste optimiste pour les prochains matchs. La présence de l’infatigable Ait Mouloud et le retour du technicien Drif Sofiane à la barre technique permettra au club de revenir en force afin de sauvegarder au moins sa place en division Excellence. . Que pensez-vous de son parcours en ce début de saison ?Les résultats et les accessions qu’a réalisés la JSK sont venus grâce aux joueurs et à l’entraîneur Mahiout. On s’est sacrifié pendant des années pour cette équipe, jour et nuit. On a réussi l’accession historique en Excellence mais malheureusement les moyens n’ont pas suivi. Si, le club avait mis le paquet, nous aurions fait mieux et je peux vous affirmer que la JSK pourrait même rivaliser avec les ténors de notre handball à l’image du MCA, Saïda, El Biar, Biskra, Rouiba… Je vous donne un exemple : Lorsqu’on joue contre le MCA, on ne peut pas tenir tout un match parce que, eux, ils s’entraînent 4 heures pas jour. Ce sont de vrais professionnels. Le hand ball est leur seul métier. Les joueurs sont payés pour ne faire que ça, et le jour du match sur le terrain ça se voit. Ils sont professionnels sur tous les plans, contrairement à nous, les joueurs de la JSK. Qu’est ce qui manque à votre avis à la JSK pour devenir une grande équipe à l’instar du grand Mouloudia d’Alger ?ll Comme je vous l’ai déjà dis, il faut donner les moyens financiers et humains et relancer la petite catégorie au sein du club. Nous n’avons jamais la prétention de nous comparer à la section football, on veut juste prendre l’équipe du foot comme exemple afin de faire du hand ball, l’autre fierté de la JSK et de toute la Kabylie. Je suis persuadé que si les dirigeants mettent les moyens, l’équipe de hand fera des merveilles. Je suis persuadé de la réussite de cette équipe pourvu que les dirigeants s’y mettent à fond. . Pensez-vous revenir terminer votre carrière à la JSK ?ll Revenir à la JSK ? Non, je finirai ma carrière en France mais cela ne veut pas dire que je tournerai le dos à mon équipe de toujours. Bien au contraire, je ferais tout pour l’aider. La preuve, je vais bientôt envoyer 20 ballons, de la résine et un équipement que mon actuel club m’a offert pour le remettre à l’équipe de la JSK. On vous laisse conclure. . ll Merci pour cette interview. C’est la preuve que vous ne m’avez pas oublié. Je passe un grand bonjour à ma mère, mon frère Nassim, mes deux sœurs qui me manquent tellement ainsi qu’à mes amis Adrou Samir, Si Mouh, Rahim, Meftah, Khalef et tous les habitants de la cité des fonctionnaires, sans oublier les nombreux kabyles de Béthune, ici en France.
Entretien réalisé par Ali Chebli
