La réunion annoncée par la direction de la JS Kabylie, entre le président Hannachi et son entraîneur Fabbro, n’aura finalement débouché sur rien, si ce n’est un flop qui assène un coup à l’autorité de l’équipe dirigeante, qui s’est dégonflée face à la résistance d’un Fabbro qui n’a pas cédé à la pression.
«Dans l’intérêt de la JSK, le problème ne doit pas être posé en matière de limogeage ou de maintien de l’entraineur en chef », c’est que dit un communiqué rendu public sur le site du club, hier après-midi, soit après la réunion qui a regroupé le président Hannachi à son coach. L’insinuation est claire : Ce serait donc les médias qui ont posé le problème du limogeage de Fabbro, parce que, du côté de la rue, l’équipe ne subi aucune pression, c’est plutôt une frustrante indifférence. Pour la petite histoire, le dernier match qui a tout déclenché à savoir celui du MCO, s’est joué devant à peine quelques dizaines de supporters. Le stade était, en effet, affreusement vide. L’enceinte rappelait les moroses ambiances des stades des pays du golf. Excusez la comparaison, car là-bas au moins, quand un coach ne plait pas, ils ont de quoi le convaincre pour repartir d’où il est venu… Des sous, bien sûr. Et c’est ce qui semble manquer aux actionnaires de la JSK pour avoir le courage d’affronter un entraineur qu’ils ne cessent pourtant de dénoncer publiquement. Il est vrai qu’on ne peut vraiment pas attendre plus d’actionnaires à 30 000 DA. Sinon, c’est bien la direction du club qui a laissé entrevoir une telle opportunité. Celle du limogeage. En effet, y a-t-il plus clair que lorsqu’un président s’exprime ouvertement sur le site du club pour dire que « c’est à l’entraîneur de prendre ses responsabilités (…). A l’avenir, je n’admettrai aucun faux pas ». Ce sont là les propos de Hannachi, au lendemain de la défaite concédée à Béchar. Plus clair que ça tu meurs. N’est-ce pas là une déclaration synonyme de rupture pour tout nouveau faux-pas à venir ? Voyons ! Certes, ce n’est pas dit dans un langage italien, mais un italien, tout juste initié au français, en comprendrait le sens sans problème… Mais, visiblement, Fabbro fait semblant de ne pas saisir. Ou du moins, fait de la résistance. Et puis, depuis le temps qu’il est en Algérie, il semble s’être bien imprégné… Alors, il est encore là attendant qu’on lui dise « t’es limogé », pour empocher ses indemnités. Voilà ce qui fait réfléchir Hannachi et lui fait prendre la décision de tenter d’imposer à l’italien, au nom de la « sagesse », de consulter…Karouf, son adjoint, avant de trancher une quelconque décision. Rien que ça ! Le chef qui demande conseil à son adjoint… « La solution la plus sage consiste à dresser un bilan critique du début de championnat et d’en déceler les failles pour y remédier rapidement. Pour le moment, il a été convenu, d’un commun accord, que l’entraîneur-adjoint s’implique davantage dans tout le processus décisionnel aux côtés l’entraîneur en chef», lit-on plus loin dans le même communiqué. Il est vrai qu’à chacun sa sagesse, mais là ce n’est pas du tout logique comme recommandation. Car c’est là une conclusion qui remet davantage en cause la capacité de Fabbro à manager l’équipe. Pire, on semble lui préférer Karouf… Mais au nom de la « sagesse », Hannachi le garde. Drôle de sagesse !
S. Karim.

