«Voyez-vous, notre commune a changé de dénomination en 1989 par décret présidentiel et elle est passée de Oued-Ksari à Aït Yahia Moussa, mais malheureusement, vingt-trois ans après, le nom Oued-Ksari colle encore aux documents administratifs de nos concitoyens ».
Aïn El Hammam ex Michelet, Larbaâ Nath Irathen ex Fort National, Aïn Zaouia ex Pirette, Si Mustapha ex Félix Faure, toutes ces nouvelles dénominations, qui ont remplacé celles données à ces municipalités par l’occupant français, poseraient-elles des problèmes aux citoyens de ces localités ? C’est la question que se posent les responsables de l’APC d’Aït Yahia Moussa (l’ex Oued-Ksari ou encore Ouled Yahia Moussa). « Si nous évoquons ce sujet, c’est pour transmettre aux hautes autorités de l’Etat cette vive interpellation. Nous sommes peut être la seule commune d’Algérie où les citoyens rencontrent des problèmes pour établir leurs documents administratifs », nous dit d’emblée, Noureddine Oudni, en sa qualité d’élu et administrateur de cette commune. Et de nous expliquer cette situation unique en son genre : « Voyez-vous, notre commune a changé de dénomination en 1989 par décret présidentiel et elle est passée de Oued-Ksari à Aït Yahia Moussa, mais malheureusement, vingt-trois ans après, le nom Oued-Ksari colle encore aux documents administratifs de nos concitoyens ». Et de poursuivre : « si à notre niveau, nous délivrons des extraits d’actes de naissance où est écrit par exemple : né à Aït Yahia Moussa, au lieu de Oued-Ksari, ceux qui demandent le 12 S, au niveau de la commune mère (Draâ El-Mizan), il est encore écrit : né à Oued-Ksari, ce qui les met dans des situations inextricables. Pourtant, il y a un décret présidentiel à ce sujet. A quand son application par toutes les administrations ? ». Le problème dépasserait même nos frontières nationales. Les émigrés qui ont obtenu leur carte d’identité ou leur passeport avant que l’extrait d’acte de naissance, de type 12 S, ne fût exigé c’est-à-dire quand le 12 C suffisait, sont confrontés à de nombreux problèmes. « J’ai un problème avec les autorités françaises : tous mes documents indiquent que je suis né à Aït Yahia Moussa, mais avec la réglementation actuelle, il se trouve que je suis né à Oued-Ksari. Les autorités françaises ne veulent rien entendre. « Vous n’êtes pas la même personne », me disent-elles », nous confie un émigré venu demander un 12S pour le renouvellement de son passeport qui vient d’expirer. « C’est paradoxal, mais à qui s’adresser ?», nous interroge-t-il. Des cas comme celui-ci sont légion dans la commune. « Nous demandons aux plus hautes autorités de l’Etat, au ministère de l’Intérieur, d’ordonner aux administrations de recourir au décret et de changer définitivement l’ancienne appellation Oued-Ksari par Aït Yahia Moussa », ajoute notre premier interlocuteur.
Les inscrits par jugement posent problème aussi
L’autre problème rencontré par les citoyens de cette commune est celui de la délivrance de l’extrait de naissance 12S aux personnes inscrites sur jugement (n’ayant pas de dates de naissance précises) qui sont d’ailleurs nombreuses. Là aussi, pour la numérisation des registres, les responsables de l’état civil butent sur des difficultés énormes. Pour ce faire, il faudra procéder à la vérification des actes (un à un) au niveau des registres de naissances originaux au niveau du tribunal de Tizi-Ouzou. « Pour une simple rature, on est en face d’un refus catégorique. Actuellement, nous avons un registre rempli de demandes non encore satisfaites », nous explique un agent de l’administration locale. A cela s’ajoute bien sûr toutes les erreurs faites lors de la transcription des noms et des prénoms soit en caractères arabes soit en caractères latins. Il suffit de faire un détour au tribunal de Draâ El-Mizan pour avoir une idée sur le nombre des demandes de rectification adressées au bureau du procureur.
Amar Ouramdane

