Dans la wilaya de Béjaïa, la gestion des déchets hospitaliers n’est guère reluisante, voire désastreuse, menaçant un environnement déjà laminé par une pollution à outrance.Sur les cinq hôpitaux existant, un seul est aujourd’hui doté d’un incinérateur opérationnel, il s’agit de Khellil-Amrane du chef-lieu de wilaya. Sinon, les établissement hospitaliers relevant des secteurs sanitaires d’Akbou, de Sidi Aïch, Kherrata et d’Amizour voient aujourd’hui leur machine à l’arrêt.Comment faire pour se débarrasser de ces tonnes de déchets hospitaliers qui représentent une véritable source de contamination sinon une bombe à retardement. Un responsable du staff de direction de l’un des secteurs en question nous a révélé que ces derniers procèdent à une “incinération de fortune”. Cette dernière procèdera ensuite, selon notre interlocuteur à détruire ces déchets, pour les faire brûler dans des décharges publiques et ce, sous l’œil attentif d’un agent d’hygiène qui s’assurera sur place de la mise à terme de cette opération. Cela n’est pas sans danger pour l’agent lui-même qui court des risques. L’histoire de cet agent du secteur sanitaire de Sidi Aïch (à en croire notre source) qui s’en est sorti avec des brûlures plus ou moins graves en est la preuve.Certains de ces hôpitaux révèlent aujourd’hui des quantités énormes de médicaments et d’autres consommables périmés à détruire. Ainsi des pochettes de sang, des “organes” humains font la recette de ce monceau de déchets à détruire exclusivement par des incinérateurs dont le coût apprend-on, est de 120 milliards de centimes. Un prix dérisoire pour un secteur sanitaire surtout si l’on mesure l’utilité plus que nécessaire de ces appareils à détruire des déchets.Certains de ces incinérateurs non-fonctionnels sont en arrêt depuis plusieurs mois. Le dernier à tomber en panne est celui de l’hôpital d’Amizour, il y a de cela un mois, alors qu’il assurait auparavant l’incinération des déchets acheminés des hôpitaux de Kherrata et Sidi Aïch.La santé des vivants est reliée directement et forcément à celle de l’environnement que les responsables du secteur de la santé ne doivent pas ignorer. A Béjaïa, les hôpitaux sont pollueurs.
Nadir Touati
