Le sacrifice collectif comme alternative

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A quelques semaines de la fête de L’Aid, les marchés à bestiaux s’enflamment et les prix des moutons deviennent inabordables. Le marché hebdomadaire d’Akbou, le plus important dans la région de la haute Vallée de la Soummam, connaît chaque lundi une affluence des grands jours. Des vendeurs viennent même des régions pastorales. Mais les acheteurs sont médusés par les prix exigés par ces vendeurs. Un mouton cornu, d’une taille moyenne, n’est cédé qu’à 70 milles dinars. Les gens ne comprennent pas pourquoi une telle hausse des prix. Selon les éleveurs et les habitués des marchés, les prix des moutons continueront à grimper jusqu’ à l’entrée en lice des maquignons et autres intermédiaires qui font la tournée des villages et s’installent dans des garages ou places publiques. Ils font généralement leur apparition à 15 jours de l’AID, font main basse sur les marchés à bestiaux et régulent les tarifs. Bouzid est un maquignon qui fait les marchés à bestiaux de la vallée de la Soummam à longueur d’année. Cette année, il propose des petits veaux de la race locale qu’il achète des marchés de l’Est algérien, notamment El-Eulma. «Beaucoup de pères de familles ne pouvant se permettre un mouton se regroupent à cinq ou six et achètent collectivement un veau qui ne dépasse pas les 60 milles dinars et le partagent. Chaque part équivaut presque à un mouton moyen, et revient entre 10 à 15 milles dinars. Les moutons je ne les fais que sur commande», a expliqué Bouzid qui a rempli sa petite écurie de petits veaux de la race locale. Les éleveurs donnent comme raison de la cherté du mouton, les prix des aliments de bétail qui ont connu et connaissent des hausses vertigineuses. «Les prix des aliments de bétail ne cessent de grimper. L’orge notamment devient de plus en plus rare et inaccessible. Donc, il ne faut pas croire que nous augmenterions les prix de notre propre gré», a expliqué un éleveur.

L.Beddar

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