Cette année, les villes afficheront une toute autre image durant et après l’Aïd, selon les déclarations du porte-parole de l’UGCAA, M. Boulenouar, contacté hier par téléphone.
C’est ainsi qu’on a appris que «sur les 13 000 boulangeries, nous avons reçu l’engagement de 8000 qui vont produire environ trente millions de baguettes de pain (10 millions de moins que durant les jours ordinaires) durant le premier jour de l’Aïd et la même quantité durant le deuxième jour. Ces boulangeries ont, d’ores et déjà fait leur commande en matière de farine», a affirmé M. Boulenouar. Cette mesure viendra, à coup sur, soulager les ménages qui ont pris cette fâcheuse habitude de se passer, malgré eux, de pain, considéré comme l’aliment de base le plus consommé. Idem pour les superettes, dont la majorité a accepté d’ouvrir durant les deux jours de l’Aïd, à condition toutefois, révèle le porte-parole de l’UGCAA, que le service soit assuré seulement l’après-midi. Du moins pour le premier jour, dit-il. «Il est tout à fait compréhensible que les commerçants, comme tout citoyen algérien, veuillent passer un moment avec leur famille et aller à la mosquée pour la prière de l’Aïd. Les boulangeries, par contre, ouvriront très tôt le matin. Aux citoyens de prendre leurs dispositions», indique-t-il en les conseillant de s’approvisionner en produits de large consommation non périssables avant l’Aïd, pour qu’il n’y ait pas saturation et pénurie. Mais les boulangeries posent également des conditions pour assurer la fabrication du pain les jours de l’Aïd. Elles ont accepté de faire des compromis, en s’arrangeant pour que leurs employés préparent le pain très tôt le matin avant de rentrer chez eux. Car il ne faut pas oublier que la main-d’œuvre de la plupart des boulangeries, au niveau de la capitale notamment, n’est pas locale et il est tout à fait normal qu’elle veuille prendre son congé durant cette période de fête. Le pain sera donc disponible à partir de 05h du matin. Cependant, les boulangeries veulent des garanties de la part de Sonelgaz pour qu’il n’y ait pas de coupures d’électricité durant la période des fêtes. C’est à la Sonelgaz donc de prendre ses dispositions. Le même optimisme a été affiché par Boulenouar quant à une vie commerçante normale durant ces deux jours et même après l’Aïd, concernant les stations services. Les gérants de ces stations ont accepté de travailler, mais posent le préalable de la distribution par Naftal qui ne devrait pas faire défaut. A propos des transports, volet qui marque habituellement un service minimum mais décrié par les usagers, le porte parole de l’Union a déclaré qu’outre les bus de l’ETUSA, 80 000 taxis assureront le service durant la période des fêtes, soit 50% du nombre global. «L’autre moitié refuse de travailler le premier jour de l’Aïd et il est attendu qu’elle reprenne le service dès lendemain», précise-t-il.
Les commerçants :
«Nous aussi, nous voulons passer l’Aïd en famille !»
Si le ministère du Commerce a fait le nécessaire en sommant les commerçants d’ouvrir durant l’Aïd afin de garantir l’approvisionnement normal et régulier des citoyens en produits alimentaires (sous peine de fermeture de 30 jours), allant jusqu’à leur proposer l’établissement d’un calendrier de permanence, certains commerçants sont totalement contre cette directive. Au niveau d’Alger-centre, notamment à la place du 1e Mai, une hésitation est visible chez bon nombre de commerçants qui disent refuser de se plier aux exigences de la tutelle. «Nous aussi nous voulons faire la fête. D’habitude, nous n’ouvrons que trois jours après l’Aïd. Cette année, nous n’avons pas encore pris de décision», confie le gérant d’un magasin d’alimentation générale très prisée dans le quartier. Même topo pour ce marchand de légumes qui a assuré qu’il n’ouvrira pas son magasin « quoi qu’il arrive ! » Va-t-on vers un bras de fer entre commerçants et leur tutelle, dont seuls les citoyens seront les victimes ?
Ferhat Zafane
