La tension est montée dans cran, ces derniers jours, sur le lait en sachet dans les différentes régions de la wilaya de Tizi-Ouzou, surtout après la grève enclenchée par les travailleurs de la laiterie de Draâ Ben Khedda la semaine passée. C’est le cas, notamment dans la daïra de Ouadhias, avec ces quatre communes, où l’on a constaté un manque flagrant de ce produit de large consommation. A Ouadhias, ce produit est carrément inexistant et les ménages se rabattent sur le lait en poudre. Un habitant dira : «Le lait en sachet n’est pas disponible depuis plus d’une semaine et nous sommes en train de consommer du lait en poudre, avec son prix qui dépasse les 200 DA la boite». Un autre dira que «le lait est disponible uniquement à la supérette située à l’entrée de la ville, car le propriétaire s’approvisionne depuis Alger». En effet, en arrivant à la supérette en question, on remarque une queue interminable de personnes en quête de lait. «Voila, vous voyez qu’après chaque mouvement de grève de l’usine de Draâ Ben Khedda, la ruée sur ce produit monte d’un cran, et ce n’est pas fini, les gens se précipitent et engendrent une énorme anarchie», raconte un autre habitant de Tizi N’Tléta. Même son de cloche dans les villages, le lait en poudre commence à manquer et à disparaître des étals des commerces, le lait pasteurisé est carrément absent depuis plus d’une semaine. Le distributeur que nous avons contacté pour en savoir plus, indiquera que «les travailleurs de la laiterie de Draâ Ben Khedda sont actuellement en grève illimitée et je ne sais pas quand reprendront leur travail et, de ce fait quand la distribution reprendra normalement». Cette situation de pénurie a engendré une grande anarchie dans la localité et les citoyens ont passé l’Aïd sans lait, un produit de base dont on ne peut se passer.
Le prix passe à 35 DA l’unité
Depuis plus d’une semaine, trouver un sachet de lait à Maatkas est pratiquement impossible. Certes, certains commerçants vont le chercher dans d’autres wilayas, mais ils ne le font pas gratuitement et le prix passe généralement à 30, voire 35 DA le sachet chez certains vendeurs. Les consommateurs font le guet et surveillent l’arrivé du livreur. Dès qu’un d’entre eux pointe du nez, c’est la pagaille. Des chaînes monstres se forment, le coude à coude refait surface comme au temps des grandes pénuries. Pour avoir deux sachets, il faut s’armer de beaucoup de patience et user de ses biceps. Les plus âgés n’auront pas droit au lait car ils ne peuvent pas supporter les bousculades et la longue attente. Un septuagénaire de Souk El Tenine découragé sans doute par la longue file d’attente et la bousculade dira, amer : «De notre temps, les vieux passaient en premier. A présent, si l’on s’aventure à faire la chaîne, l’on risque tout bonnement d’être traîné ou piétiné par terre. Les jeunes n’ont plus de respect pour personne. Se faire servir est leur unique préoccupation ». Du coup beaucoup de citoyens se rabattent sur le lait en poudre, même si son prix est trop élevé. Un paquet lahda est vendu à pas moins de 250 DA. C’est dire qu’il n’est pas à la portée de toutes les bourses. Rappelons que cette pénurie est due essentiellement à une énième grève des ouvriers de l’unité de production de Draâ Ben Khedda. Signalons également que le pain fut, lui aussi, introuvable pendant ces jours de l’Aïd car les boulangeries ont toutes baissé rideau contrairement aux recommandations du ministère du Commerce. Et le constat est le même pour tous les autres commerces. Maatkas et Souk El Tenine ressemblaient à des villes mortes pendant toute la durée de l’aïd El Adha.
B. K. et Hocine T

