Tizi-Ouzou 10e édition des journées poétiques, consacrée à Mohamed Belhanafi – C’est parti !

Depuis hier, la Maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou abrite un hommage à une grande figure de la culture kabyle, le poète et producteur de sketchs et de pièces théâtrales radiophoniques, Mohamed Belhanafi.

Une manifestation culturelle qui entre dans le cadre des journées poétiques Youcef Oukaci et Si Mohand Ou M’Hand dans leur dixième édition. Hier, pour l’ouverture officielle de ces journées qui s’étaleront jusqu’au 6 novembre, les interventions de certaines figures du monde de l’art et de la culture amazighs ont rendu hommage au défunt. Chacun semblait avoir quelque chose à dire sur l’artiste, reconnaissant toutefois qu’il était difficile de cerner le personnage. « Il était du genre solitaire. Il aimait faire cavalier seul et s’exprimait peu. On ne pouvait connaître qu’un petit bout de sa personnalité », se souviendra Aït Kara Youcef, un de ses amis d’enfance. Hier, au niveau du petit théâtre de la maison de la culture, la modestie et la simplicité incarnées en la personne de Mohamed Belhanafi a été évoquée par tous les intervenants. Derrière son apparence humble, qui pouvait parfois être mal interprétée, se dissimulait un homme de lettre et de culture et un homme au grand cœur : « il n’hésitait pas à offrir le peu qu’il avait uniquement pour faire plaisir », insistera Saïd Zamoum. Un autre de ses amis d’enfance dira : « Belhanafi assumait pleinement sa modestie et sa pauvreté. Il ne cessait de répéter qu’il était né pauvre et qu’il allait le rester jusqu’à la fin de ses jours ».

Et c’est d’ailleurs ce qu’il adviendra. Le jour de l’enterrement du défunt, la foule nombreuse qui l’accompagnait à sa dernière demeure à Sidi Athman a été quelque peu surprise par la simplicité de la vie qu’il menait, comparée à celle, supposée, du personnage qu’il incarnait dans l’esprit des gens. Pour l’artiste Athmani, lui qui a partagé un peu du parcours du défunt : « Mohamed Belhanafi était un homme de culture, de théâtre, mais aussi un patriote qui aimait tendrement son pays », expliquera-t-il à l’assistance venue nombreuse.

«Il faut consacrer un colloque à l’étude des œuvres de Belhanafi»

Continuant à évoquer le souvenir de son ami d’enfance, Athmani dira en insistant : « il était le père de l’Amazighité et un pilier de l’identité kabyle». Lors de cette première séance de la journée, consacrée aux témoignages, les intervenants décriront, entre autres combats de feu Belhanfi, son acharnement à imposer, à travers ses œuvres théâtrales notamment, tout ce qui se rapporte à la culture et l’identité amazighes. C’est le cas de la robe kabyle qu’il imposera en tant que patrimoine culturel. Autre combat pour lequel il s’est consacré celui de donner à la lutte identitaire une portée générale. « Il ne cessait de guetter les talents féminins, d’ailleurs de nombreuses voix féminines ont été découvertes grâce à lui. C’est le cas de Chrifa, Malika Domrane, et tant d’autres. C’était pour lui, une façon de veiller au prolongement du combat identitaire au sein de la population. Il y a lieu de noter qu’à travers cette 10ème édition des journées poétiques, les organisateurs sollicitent, qui de droit, pour que les œuvres théâtrales de cette figure emblématique de la radio soient étudiées dans les universités du pays. De son côté Aït Boumehdi dira : « il s’agit d’une initiative bien louable de la part des organisateur qui se sont montrés à la hauteur de feu Belhanafi. J’ai fait sa connaissance, en même temps que Malika Domrane, lorsque nous sommes passés ensemble, dans son émission à la radio. Et depuis, nous avons animé ensemble plusieurs fêtes et galas. Parler de Belhanafi, ses combats, sa vie et son parcours, prendrait plus que des journées ». C’est d’ailleurs ce que se sont entendus pour dire, tous ceux qui ont pris la parole lors de cette cérémonie d’ouverture, présidée par le directeur de la culture locale, M. Ould Ali Lhadi. Pour tout le monde, se pencher sur le legs de Belhanafi exige l’organisation d’un colloque.  

  Ch. T.