Les redresseurs ne lâchent pas Belkhadem

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Décidément, les redresseurs veulent la tête de Belkhadem à tout prix. Les enchaînements des faits et des actes du feuilleton de la fronde du Front de libération nationale ont atteint des proportions si grandes, qu’il est aisé de prédire une campagne électorale houleuse, annonciatrice de sérieux revers pour le secrétaire général actuel, Abdelaziz Belkhadem. Si du coté de la direction, l’on tente de minimiser les faits, à la veille du lancement de la campagne électorale pour les locales prévues pour le 29 novembre prochain, une toute autre version, qui insiste sur le fait que « le moment de déboulonner Belkhadem est arrivé », est depuis longtemps de mise chez les redresseurs. Approché hier au siège du FLN à Hydra, Aïssa Kassa, le chargé de communication du parti, n’a pas voulu trop s’étaler sur la présence des redresseurs devant le siège du parti. « Ce n’est ni nouveau, ni  pertinent », a-t-il déclaré pour signifier qu’il n’est nullement surpris. Il a fait savoir, l’air convaincu, qu’« à chaque événement important, ils sortent de leurs réserves pour tenter de saboter le travail de la direction ». Et d’ajouter, pour enfoncer le clou, que « leur seul but est de saboter la campagne électorale qui commencera demain (Ndlr, aujourd’hui). Pour ce qui nous concerne, nous sommes en phase de préparation de cette campagne. Nous attendons, en ce moment, le tirage au sort concernant les crédits horaires de la télévision et de la radio, et nous nous attelons à organiser les meetings de wilayas que le secrétaire général aura à présider ». En évoquant la préparation de la campagne électorale devant débuter, aujourd’hui, pour les 52 partis agréés et les indépendants, Kassa Aïssa voulait reléguer la contestation du matin à la  catégorie des faits divers. Il a affirmé en outre, que ce semblant de sit-in est «un vieux scénario de personnes qui ont échoué à tenir des réunions à l’intérieur des salles et qui tentent, aujourd’hui, de le faire dans des la rue », rappelant que les problèmes du parti doivent être réglés et débattus au sein de ses structures et lors des sessions du Comité central, plus précisément.

«Il quittera le parti avant la fin de son mandat» 

Or, pour les nombreux redresseurs, à leur tête Mohamed Seghir Kara, le règlement de la «crise que vit le parti» passe par un dialogue civilisé franc, sincère, transparent et démocratique, au sein du FLN, et par l’élection par le Comité central d’une nouvelle direction pour résoudre la crise et procéder à la restructuration, conformément aux statuts et règlement intérieur, jusqu’à l’organisation d’une conférence nationale qui établira une feuille de route pour les prochaines étapes à même de permettre au parti de relever les défis qui se posent.

Ni plus, ni moins, pour ceux-là même qui ne semblent pas prêts de lâcher prise.

Les animateurs du mouvement de redressement du FLN refusent d’enterrer pas la hache de guerre. Abdelkrim Abada, coordinateur du mouvement de redressement du parti, a, encore une fois, dénoncé « le comportement et les agissements » du secrétaire général, qui s’est employé depuis qu’il est à la tête du parti, en 2004, à le détruire. Pour ce contestataire de la première heure, cette manœuvre consiste à « vider le parti de sa composante humaine et à le dévier de sa ligne politique et de ses principes fondateurs ». S’il s’est abstenu de parler de trahison, il le soupçonne, néanmoins, de détruire le FLN « pour son propre intérêt et l’intérêt d’un autre courant ». Il est reproché à Belkhadem, également, d’avoir « importé » des candidats étrangers au parti, ou des militants et des élus des autres partis. Pour les prochaines élections communales, « le mouvement se contentera d’appuyer les listes dont les candidats sont des militants du parti ». Une chose est sûre pour M. Abada, Belkhadem quittera la tête du parti avant la fin de son mandat. « Avant le 10e Congrès », a-t-il déclaré sûr de lui.

Pour sa part, l’ancien ministre des Postes et Télécommunications, Boudjemaâ Haïchour, un des opposants les plus en vue de Abdelaziz Belkhadem, s’est montré hier, très critique en usant d’accents très virulents à l’endroit de l’actuel patron du FLN. Le membre du Comité central s’est situé même à la limite de l’insulte. Si, théoriquement, l’action d’hier était surtout programmée pour marquer la date du 1er Novembre, et à l’occasion, réitérer le sempiternel appel au retrait de confiance à Belkhadem, le ton était d’un autre calibre, pour celui qui maintient, contre vents et marées, que Abdellaziz Belkhadem n’en a, de tout temps, fait qu’à sa tête, au mépris de la base militante. Selon lui, il n’est un secret pour personne qu’il  n’a pas respecté les résolutions du Comité central dans la préparation des listes aux législatives du 10 Mai, et de ce fait, il y a eu cooptation qui s’est faite sur la base de relations d’intérêt, loin de toute considération militante et dans la pleine et entière transgression des statuts et du règlement intérieur du parti. Et ce n’est pas tout, pour celui qui considère aussi que pour l’actuel SG du parti, l’ambition première n’est autre que la présidentielle de 1014. Boudjemaâ Haichour a ajouté que sa démarcation du secrétaire général, Abdellaziz Belkhadem, est en rapport avec « son incapacité politique, son non-charisme et sa soumission docile à contenter les consignes d’une certaine régence qui ne veut pas dire son nom, et à son incapacité à réagir aux injustices, lui, dont le seul souci est de se maintenir jusqu’aux élections de 2014», a-t-il fustigé. Estimant, par ailleurs, que le moment est venu pour remettre le flambeau à la nouvelle génération, le membre du Comité central du FLN a indiqué que le moment est opportun pour  réinventer un autre discours, qui séduit les jeunes dans cette ère numérique, car, a-t-il conclu, «l’éveil politique de la jeunesse se manifeste dans un esprit différent de leurs aînés».

Ferhat Zafane 

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