La population de la coquette station balnéaire de Melbou, située à une quarantaine de kilomètres à l’est de la wilaya de Béjaïa, a manifesté comme un seul homme, son ras-le-bol, à travers une démonstration de rue spectaculaire. Les citoyens ont paralysé tout le trafic routier sur les deux axes (Jijel – Béjaïa – Sétif) et ont mobilisé la quasi totalité des commerces de la périphérie, pour réclamer la réouverture de la RN 43 via les falaises, en dénonçant le fait que les dernières directives du ministre des Travaux publics n’étaient qu’un coup d’épée dans l’eau. En effet, après moult tergiversations, les Aït Segoual ont mis à exécution leur menace de sortir la grande artillerie pour rappeler aux hauts responsables de la wilaya, qu’à peine quelques encablures du chef-lieu de la daïra, « une population entière est otage d’un dysfonctionnement de taille en matière de gestion administrative » et qu’après le blocage de l’APC, elle ne sait plus à qui s’adresser pour se faire entendre. « Nous sommes vraiment les oubliés de tous, sinon comment expliquer ce que nous subissons suite à l’interminable chantier des tunnels des falaises ? », s’est interrogé un père de famille du Sahel, contraint de débourser plus de 500 dinars par jour, pour la scolarité de ses enfants au vu des détours qu’ils sont contraints d’effectuer. « Qui est derrière le blocage des travaux ? Sachant que les directives du ministre des Travaux publics, Amar Ghoul, lors de sa dernière visite à Melbou, en février dernier, portant sur l’ouverture desdits tunnels avant la dernière saison estivale, sont restées lettres mortes au grand dam des usagers de la RN 43 », témoigne un autre père de famille. Huit mois après la visite du premier responsable du département des travaux publics, la population n’a toujours rien vu changer. « Nous avons poussé un grand ouf de soulagement juste après le départ de l’entreprise Turque, suite à l’achèvement des gros travaux. Hélas, cette joie a été de courte durée, puisque il s’est avéré que pour les sociétés algériennes, la pose du bitume et l’électrification sont un grand casse-tête chinois!», ironise un sexagénaire. Les usagers de la RN 43 sont consternés par ce manque de sérieux, ils se demandent pourquoi les autorités concernées ne contrôlent pas les entreprises qu’elles emploient. Jusqu’à quand doivent-ils attendre ? Ils craignent de passer encore un hiver dans la gadoue, après avoir été envahis par des nuages de poussière durant tout l’été. « Nous exhortons les pouvoirs publics à agir pour accélérer l’ouverture de ce tronçon dans les meilleurs délais et mettre un terme au calvaire des citoyens, afin d’éviter tout débordement ». A rappeler enfin que la population est toujours sous le choc, après le drame de la chute accidentelle, au niveau de ce tronçon en chantier, en pleine mer, d’un véhicule causant la mort d’une famille entière, originaire de Timezrit, dont un enfant de quatre ans qui n’a toujours pas été retrouvé.
Rabah Zerrouk
