De par son relief accidenté et un faible potentiel foncier, où se posent en plus la problématique de l’indivision et du morcellement des terres, la commune de Béni Ourtilane se caractérise par une agriculture de montagne traditionnelle.
Dans ce contexte, les autorités locales sont conscientes que le secteur agricole est vital dans leur commune, dans la mesure où les agriculteurs sont pratiquement les seuls agents économiques locaux. Du point de vue technique et financier, les agriculteurs de montagne ont toujours des dépenses supplémentaires par rapport à ceux des plaines et avec des rendements généralement plus faibles. Ce sont ces raisons qui font fuir les habitants qui vont chercher le bien-être sous d’autres cieux. Face à l’exode des familles vers les villes et les pays étrangers, des mesures ont été arrêtées pour trouver des moyens pour sauvegarder ce qui reste des terres exploitables et permettre une stabilité et une amélioration des conditions de vie de la population paysanne Les pouvoirs publics misent sur la relève et les jeunes désirant intégrer l’activité agricole en les aidant à créer leurs propres entreprises. Cette région montagneuse est généralement défavorisée, notamment du fait des conditions difficiles et des moyens rudimentaires qui y existent, mais elle présente, néanmoins, des caractéristiques et des avantages ainsi qu’un potentiel humain qui doivent être préservés, comme la particularité et la qualité des produits traditionnels du terroir, tels que le miel, les figues, fraîches et sèches, l’huile d’olive, la production animale… Les autorités ont élaboré une stratégie spécifique à cette région, notamment par l’aide à l’investissement dans la production animale. Dans cette optique et selon le premier vice-président de l’APC, pas moins d’une vingtaine d’agriculteurs ont bénéficié chacun, d’une unité spécialisée dans la fabrication du yaourt et d’un lot de vaches laitières importées de l’étranger. Mais tout de même, ce type d’élevage reste difficile à pratiquer dans cette région située en zone montagneuse et notre interlocuteur a évoqué les problèmes rencontrés dans l’alimentation du cheptel. «Avant, les gens possédaient des cheptels ovins et caprins qu’ils sortaient dans les champs pour brouter l’herbe et ils s’en sortaient bien dans ce genre d’élevage. Le soir, ils leurs donnaient un fagot d’herbe ramassé ou des branches d’oléastres. Aujourd’hui, avec les vaches laitières, c’est un autre mode d’élevage, très difficile à adopter chez nous. D’abord, la vache laitière a besoin de beaucoup d’herbe verte et on n’a pas de plaines irrigables pour la cultiver. Les gens se rabattent donc sur les fourrages qui sont extrêmement chers sur le marché. Voila pourquoi certains bénéficiaires tiennent encore le coup et d’autres ont abandonné la filière, la trouvant non rentable. Par contre, ceux qui ont investi dans d’autres créneaux du secteur agricole, tels que l’apiculture, l’aviculture, l’élevage, ovin et caprin, ne s’en plaignent pas et disent même qu’ils s’en sortent à merveille», a-t-il dit.
L. Beddar

