Les Tazmaltais ont fêté l’Aïd cette année dans une atmosphère chaude. Cela ne vient pas, comme on pourrait le penser, des chaleureuses embrassades qui caractérisent ces sempiternelles fêtes religieuses, mais plutôt d’une chaleur torride d’origine climatique. En effet, la température dépassait largement les 30 degrés, et ce, dès les premières heures de la matinée. « Heureusement que le Ramadhan a plié bagages. Autrement, on aurait crevé de soif avec une telle chaleur », se sont dit certains. Cependant, ce caprice climatique qui survient hors saison, n’a eu aucun effet dissuasif sur la population qui commençait à emplir les artères de la ville très tôt le matin. Les bambins avec leurs beaux habits tous neufs fourmillaient dans les rues. Ils étaient partout occupant le moindre espace. L’Aïd pourrait d’ailleurs, être à juste titre, considéré comme une seconde fête de l’enfance, tellement les joies des plus petits, se manifestent bruyamment en ces périodes. L’artère principale, rue commandant Mira, était prise d’assaut par une nuée de jeunes vendeurs. Ils étaient là pour fourguer n’importe quoi à leur jeune clientèle, quieux ont récolté quelques sous, de leurs parents et ou de membres de leur famille, lesquels ont laissé quelque peu exprime leur générosité, en ces jours de «laawachar». Certains proposent des jouets bon marché, flanqués -mondialisation version empire du milieu oblige- de la désormais incontournable marque : «made in China», bien sûr. Des babioles acquises pour une bouchée de pain, mais revendues à prix fort. Cependant ce qui soulève interrogation, par leurs libres activités au vu et au su des autorités, ce sont ces sandwicheries à ciel ouvert : des récipients qui reçoivent une mixture spéciale qui a vocation de devenir le contenu d’un sandwich, soit de l’eau mélangée à des sardines en boite. D’autres encore «racolent» avec un menu encore plus «dangereux» : des merguez qui prennent un bain de soleil forcé. Inutile de signaler que tous ces aliments, allergiques à la chaleur, font planer l’ombre des intoxications à basse altitude. Autre phénomène inquiétant : la prolifération des pétards de plus en plus « puissants ». Les services des urgences ont enregistrée plusieurs blessés plus au moins légers, comme cette personne blessée au niveau des côtes, et sa chemise déchirée par la déflagration d’un gros pétard. La rue principale était un champ de bataille où l’on se souhaite joyeuse fête à coup de détonations. Les tympans sont à plaindre. Les grands, eux, se «terrent» dans les nombreux cafés que compte la localité. L’on boit volontiers, pour se désaltèrer, pour se rappeler la saveur d’un bon jus, d’un délicieux café pris en dehors des soirées ramadhanesques. Les rues sont également arpentées, à pied, ou le plus souvent en voiture pour accomplir la traditionnelle visite familiale des proches. Enfin, une fête qui ressemble à tant d’autres, la routine quoi…
Elias Ben
