Les sept médecins spécialistes en gynécologie exerçant au niveau de la clinique d’accouchement de Targua Ouzzemour sont tous en congé de maladie, laissant les parturientes livrées à elles-mêmes.
Une situation qui a provoqué la colère de la directrice par intérim du CHU de Béjaïa qui trouve « inacceptable le comportement de ces gynécologues ». Il semble qu’un nouveau réaménagement des horaires de travail du personnel, nous explique un infirmier, n’ait pas été du goût des gynécologues qui exercent dans cette maternité; lesquels gynécologues ont tout bonnement déserté leurs postes de travail au motif de maladie. « Ils ont fait cela pour aller exercer dans des cliniques privées », croit savoir Mme Mouri, directrice par intérim du CHU de Béjaïa, tout en qualifiant le comportement de ces gynécologues de « non professionnel ». Elle précise que ces médecins spécialistes en gynécologie se sont faits délivrer de « complaisants » certificats médicaux (congés de maladie) pour justifier un patent « absentéisme » pour quelques dinars de plus chez le privé au détriment de la santé des parturientes, nombreuses, à être admises quotidiennement au niveau de cette structure sanitaire. Selon elle, les avis d’arrêt de travail déposés par ces sept gynécologues ont été rejetés par la direction de tutelle. Il est à rappeler que la clinique d’accouchement de Targua Ouzzemour faisait face, en 2010, à un manque criard en moyens matériels et humains dont des gynécologues. Aujourd’hui, la seule maternité d’accouchement publique existante sur le territoire de la commune de Béjaïa est confrontée à « l’indécence » de ceux qui ont, autrefois, prêté le serment d’Hippocrate. En janvier 2010, la directrice par intérim, responsable de cette maternité déclarait devant les élus de l’APW : « Faute de place, il nous arrive de mettre deux à trois patientes dans un même lit». Les temps, semble-t-il, ont bien changé. Après la dotation de cette clinique en moyens, voilà que sa cheville ouvrière, c’est-à-dire les gynécologues, préfèrent aller exercer chez le privé tout en gardant leurs salaires de médecins spécialistes dans une structure publique !
F. A. B.

